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Orléans rangera des autocars dès le 7 février

L’Est-du-Québec de plus en plus isolé

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Tout l’Est-du-Québec et la Gaspésie se retrouvent de plus en plus isolés avec la nouvelle interruption de service des autocars Orléans.

Il n’y aura plus d’autocars Orléans en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, à l’exception de Rimouski, à compter du 7 février prochain, et ce, jusqu’à nouvel ordre.  

L’entreprise Keolis Canada a annoncé mercredi que la pandémie l’oblige à réduire ses services jusqu’à ce que les conditions s’améliorent. Air Canada avait déjà suspendu sa ligne régionale à Gaspé et le train ne circule pas non plus.

Population en otage

Virus ou pas, le maire de Gaspé juge cette situation inacceptable. 

«On est 80 000 en Gaspésie et actuellement, autant en transport aérien que terrestre, on estime que nos régions n’ont pas à être prises en otages par des multinationales multimilliardaires. Air Canada, c’est un chiffre d’affaires de 12 à 14 G$ par année et Keolis, 9,1 G$ par année. Pour Keolis, 30% de la compagnie nous appartient par la Caisse de dépôt et placement du Québec», lance Daniel Côté. 

Le maire voudrait que les transports régionaux soient considérés comme un service essentiel avec le soutien nécessaire. Selon son exemple, plusieurs personnes incapables de conduire doivent se déplacer vers les grands centres pour recevoir des soins de santé plus spécialisés. 

«Qu’est-ce qu’on leur dit? La compagnie privée ne fait pas assez d’argent? Je demande au gouvernement d’agir. Que ça passe par une subvention à Keolis ou par un autre service de transport, mais on ne peut pas couper les services de transport parce qu’une compagnie décide de ne plus venir», ajoute M. Côté. 

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, a également fait parvenir une lettre au ministre des Transports François Bonnardel pour lui demander d’intervenir d’urgence dans le dossier de Keolis et du retrait des liaisons dans différentes régions du Québec. La FQM considère que cette décision est inacceptable pour les MRC et les régions.

À la fin du mois de mars 2020, le transporteur Orléans avait suspendu toutes ses liaisons avant de reprendre progressivement ses services interurbains en juillet, notamment vers la Gaspésie. 

La fréquence et la pérennité des services dépendront de l'achalandage, disait Keolis il y a environ six mois. 

Un service essentiel

Cette fois-ci, le service sera limité à deux liaisons, soit la desserte Montréal-Québec, ainsi que la desserte Québec-Rimouski. Il n’y aura aucune escale entre les villes. 

Le Centre-du-Québec et la Mauricie seront aussi sans service d’autocar interurbain d’ici deux semaines. Keolis affirme toutefois qu'une certaine desserte sera conservée en Mauricie.

L’entreprise évoque une autre baisse de l’achalandage en raison de la pandémie. Keolis assure qu’il s’agit de mesures temporaires. 

«Le gouvernement appuie tous les secteurs d’activités reliés à la pandémie, mais nous sommes en présence d’un service essentiel qui a aussi besoin de soutien. Je crois que Keolis a l’obligation de nous desservir et je serais curieux de m’adresser à la Commission des transports du Québec», termine le maire de Gaspé. 

Le PDG de Keolis Canada, Pierre-Paul Pharand, affirme que l’entreprise a à cœur de rétablir les services dès que possible.