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Méfiez-vous des courtiers qui tentent d’aller vite, vite, vite

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Photo Agence QMI, Joêl Lemay Certains courtiers immobiliers peu scrupuleux profitent de l’effervescence actuelle du marché pour boucler trop rapidement des transactions, ce qui a parfois des conséquences très néfastes pour l’acheteur.

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Avis aux futurs acheteurs de propriétés. Ne vous laissez pas berner par des courtiers malins qui profitent de l’actuelle effervescence du marché immobilier pour effectuer de la vente sous pression en conseillant aux clients de renoncer à certains droits en vue d’accélérer le processus de transaction.

Dans tout marché en effervescence, il y a toujours des exploiteurs qui veulent votre « bien », dans le dessein évidemment de se remplir les poches.

Le marché immobilier québécois vient de connaître une folle année en enregistrant des hausses de prix anormales. Le prix médian des unifamiliales a explosé de 24 %, et celui des copropriétés de 14 %.

C’est fou ! Dans l’ensemble de la province, le prix médian de l’unifamiliale a bondi de 63 000 $ en une seule année et celui du condo de 35 000 $. Pire encore dans la région de Montréal, où l’unifamiliale a augmenté de 75 000 $ et le condo de 40 000 $.

Il s’est vendu en 2020 dans la province quelque 112 476 propriétés, ce qui a généré un volume record de ventes de 40 milliards $, en hausse de 32 % par rapport à 2019.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

Le marché immobilier semble déséquilibré

Le nombre d’inscriptions de propriétés à vendre a chuté de 29 %, ce qui crée une certaine rareté.

La crise sanitaire a entraîné une forte hausse du télétravail, incitant ainsi nombre de familles à améliorer leur milieu de vie.

Le revenu disponible a substantiellement augmenté en raison de l’aide financière exceptionnelle offerte par le gouvernement de Justin Trudeau.

Le niveau anormalement bas des taux hypothécaires rend artificiellement accessible l’achat d’une propriété.

Ne renoncez pas à vos droits

Comment de malins courtiers immobiliers s’y prennent-ils pour bâcler au plus vite des transactions ?

Sous prétexte que plusieurs acheteurs s’intéressent à la propriété convoitée par son client, le malin courtier tentera de lui faire signer une offre d’achat en le convaincant de renoncer notamment à la garantie légale contre les vices cachés et/ou à l’inspection de la propriété par un expert, à la mise à jour du certificat de localisation de la propriété, trois droits de consommateur vraiment importants lorsqu’on achète une propriété. 

Ce sont la Chambre des notaires du Québec et l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) qui tiennent à rappeler les conséquences, pour un acheteur, de renoncer à des droits en précipitant la signature et l’acceptation d’une offre d’achat.

Les renonciations de garanties et d’inspection peuvent malheureusement entraîner de graves conséquences financières pour l’acheteur.

La vice-présidente de l’OACIQ, Me Caroline Champagne, tient à rappeler aux courtiers immobiliers que l’OACIQ ne tolérera pas les « comportements insistants » visant à réduire les protections légales dont bénéficie le public dans le cadre de transactions immobilières.

« Les délais prévus aux promesses d’achat pour la réalisation des conditions d’inspection, de financement ou autres doivent être suffisamment longs pour permettre aux professionnels impliqués dans les transactions de rendre des services de qualité, et ainsi contribuer à diminuer les risques inhérents à la transaction immobilière, qui est souvent la plus importante dans la vie d’une personne. »

Pour sa part, Me Hélène Potvin, présidente de la Chambre des notaires du Québec, se dit préoccupée par l’augmentation d’acheteurs qui se présentent chez le notaire pour réaliser l’acte de vente, avec des renonciations de leurs droits afin d’accélérer le processus.

« Un achat immobilier représente toujours une grande décision, parfois empreinte d’émotivité ou d’excitation, mais cette décision doit se prendre de manière éclairée. Il est primordial de bien comprendre la portée juridique de nos choix, et ce, dès l’offre d’achat », précise Me Hélène Potvin.

Il faut savoir qu’une offre d’achat, dès qu’elle est signée, est bel et bien un contrat. Il s’avérera très difficile d’en modifier les termes ou de l’annuler. 

Les acheteurs doivent éviter de jouer avec le feu !