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Metro pourrait prendre de l'expansion à travers le Canada

Metro pourrait prendre de l'expansion à travers le Canada
Photo d'archives Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Il n’y a pas que Couche-Tard qui a la dalle. Le géant de l’alimentation Metro a aussi des visées pancanadiennes. Selon son président: «La meilleure défense [contre une acquisition], c’est la performance et la croissance!»

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«Avec les années, ça va et vient que Metro pourrait être vendu. Metro est toujours là! Nous avons connu une belle croissance et notre plan est de continuer», a répondu le président et chef de la direction, Eric La Flèche. 

Mardi, Metro a dévoilé les résultats financiers pour son premier trimestre 2021. L’entreprise a enregistré un chiffre d’affaires de 4,28 G$ pour son exercice clos le 19 décembre dernier. Il s’agit d’un bond de 6,2 %. 

En raison de la pandémie, les ventes d’aliments en ligne ont continué d’exploser. Cette fois-ci, de 170 % par rapport à l’an dernier. 

D’ici septembre 2021, Metro espère notamment offrir dans 170 supermarchés au Québec et en Ontario son service de cueillette en magasin. 

Questionné à savoir si la direction craignait de recevoir une offre d’achat amicale ou hostile d’un compétiteur, le grand patron a tranché que « Metro n’est pas à vendre ». Il n’a toutefois pas caché que son organisation n’était pas à l’abri de recevoir une proposition comme Alimentation Couche-Tard l’a récemment fait pour mettre le grappin sur le géant français Carrefour. 

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

Aucune offre

Présent au Québec, en Ontario et du côté du Nouveau-Brunswick (Jean Coutu), Metro souhaite continuer de grossir ces prochaines années, afin de devenir encore un peu plus difficile à avaler. Le détaillant a mentionné au Journal n’avoir reçu aucune offre d’achat, au cours des derniers mois. 

Sans avoir un budget ou un échéancier précis pour réaliser une éventuelle acquisition, la direction dit être en bonne posture financièrement si une opportunité se présente. Et le terrain de jeu est l’ensemble du Canada. 

L’expansion pourrait se faire de façon organique ou par acquisition. 

«Notre radar est canadien pour l’alimentation et les pharmacies. On reste à l’afflux des opportunités. Nous avons un bon bilan et nous sommes en bonne position», a avancé M. La Flèche qui croit toujours à l’importance d’ouvrir des supermarchés, malgré la croissance du commerce en ligne. 

«Nous avons un plan d’ouverture de magasins et d’agrandissement normal à chaque année. Nous n’ouvrons pas des tonnes de magasins, entre quatre et cinq par année. [...] Le plan de déploiement pour les bannières va se poursuivre parallèlement au commerce en ligne», a-t-il ajouté. 

Metro espère notamment déployer, au cours des prochaines années, davantage son enseigne Marché Adonis du côté de l’Ontario.  

Impacts de la pandémie

Au cours du premier trimestre 2021, les frais liés à différentes mesures en lien avec la COVID-19 se sont élevés à 28 millions $ pour Metro. De ce montant, 8 millions $ ont servi pour les cartes cadeaux offertes aux 45 000 employés. 

Metro s’attend maintenant à ce que les restrictions sur les produits non essentiels au Québec aient des impacts sur les ventes de sa division pharmacies à son deuxième trimestre. Depuis décembre, le chiffre d’affaires des pharmacies comparables a diminué de 11,7 %. Quant à l’alimentation, le chiffre d’affaires des magasins comparables a augmenté de 12,0 %. 

Jean Coutu ouvert à vacciner les Québécois: cinq questions à Eric La Flèche  

1. Est-ce que le Groupe Jean Coutu est ouvert à l’idée de participer à la campagne de vaccination des Québécois contre la COVID-19 ?

«Avec le succès de notre campagne de vaccination antigrippale dans nos pharmacies l’automne dernier, notre réseau de pharmaciens propriétaires sera prêt à participer à l’effort de vaccination contre la COVID-19 dès que le gouvernement nous en fera la demande».  

2. Québec préside un comité pancanadien qui pourrait concevoir un code de conduite visant à encadrer les pratiques des détaillants et des distributeurs. Qu’en pensez-vous ?

«On ne pense pas que c’est nécessaire d’avoir une intervention gouvernementale dans les relations entre fournisseurs et détaillants. On favorise le dialogue ouvert et constructif.» 

3. Comment avez-vous réagi quand Québec a affirmé qu’il était prêt à bloquer la vente de Metro ? Craignez-vous que ça nuise à la progression de votre action ?

«Légalement, il n’y a pas de loi au Québec ou au Canada qui pourrait bloquer une acquisition, s’il y en avait une. [...] C’est certain que le politique pourrait avoir son mot à dire, mais légalement, il n’y a pas de loi qui empêcherait cela.»

4. Pensez-vous que l’achat local va demeurer une priorité ?

«Oui, on pense que l l’achat local est une tendance de fond qui va se maintenir. [...] D’environ 200 fournisseurs locaux, nous sommes passés à 300 au cours de la dernière année». 

5. Avez-vous l’intention d’ajouter des primes pour vos travailleurs ?

«Nous apprécions le travail de nos gens en première ligne. [...] En janvier, nous avons annoncé un autre boni (cartes-cadeaux) qui sera payable en février. [...] Il va falloir voir l’évolution des restrictions et on verra en temps et lieu.»