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Pierre-Olivier Zappa, le défi de rendre les finances sexy

Le journaliste et animateur de « À vos affaires », Pierre-Olivier Zappa.
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Saviez-vous qu’au début de sa carrière, le journaliste Pierre-Olivier Zappa ne s’intéressait pas du tout à l’économie? Celui qui trouvait ça « archi-plate » est pourtant devenu une référence pour décortiquer le monde des affaires. Porte-monnaie a discuté avec l’animateur de 33 ans à la barre du magazine économique « À vos affaires » à LCN.

Porte-monnaie (P.-M.) : Qu’est-ce que tu penses du fait qu’encore aujourd’hui, les jeunes québécois n’ont aucune éducation financière?

Pierre-Olivier Zappa (P.O.Z.): Ce serait une très bonne idée d’intégrer l’éducation financière au cursus scolaire pour comprendre les bases de l’économie. C’est pas normal que des jeunes arrivent au cégep et ne savent pas la différence entre un REER et un CELI! Parfois, même à l’université ils ne connaissent toujours pas la différence. 

Si y’avait quelque chose à faire dans mon parcours, je me serais intéressé plus tôt aux finances et j’aurais fait des choses différemment. Il y a 10 ans, je trouvais ça archi-plate en endormant. Mon mandat, c’est de rendre ça accessible et de réussir à intéresser les gens comme moi il y a 10 ans! Je m’y suis beaucoup plus intéressé quand j’ai compris que les finances ont un impact direct sur la vie des gens.  

P.-M. : Les gens t’écrivent beaucoup pour avoir réponse à leurs questions. Lesquelles reçois-tu le plus souvent?

P.O.Z. : Je reçois beaucoup de questions sur les finances personnelles. Plusieurs peinent à croire qu’ils se retrouvent plus riches en pandémie. L’immobilier bat son plein, le marché des actions atteint des sommets et les taux d’intérêts sont très bas. Les gens se demandent si c’est trop beau pour être vrai. On n’a jamais connu dans l’histoire une récession où les ménages se sont enrichis. Si on regarde le taux d’endettement des Canadiens, on remarque que la richesse des ménages a augmenté de 4% par rapport à 2019. Les gens sont plus riches qui ne l’étaient, même si la pandémie a détruit des pans complets de l’économie!

P.-M. : Qu’est-ce que tu penses de la nouvelle tendance d’investir en mode automatique via des applications de courtage?

P.O.Z. : Le phénomène Wealthsimple trade est absolument fascinant à étudier présentement. Des petits investisseurs se rassemblent et se consultent et leurs rendements pourraient rendre jaloux de grands investisseurs. Ça a une influence de plus en plus importante sur les marchés boursiers et les gros gestionnaires de fonds institutionnels ne peuvent plus ignorer le pouvoir entre les mains de ces petits investisseurs.

P.-M. : Et qu’est-ce que tu penses de la gestion du risque de ces applications-là?

P.O.Z. : Il y a un engouement, mais il y a des risques associés à ce genre de pratiques. Il faut que les jeunes investisseurs s’informent, se renseignent, s’éduquent et aient un comportement qui va avec leur gestion du risque. En ce moment, il y a la Fear of missing out [FOMO], soit la peur de manquer le bateau. Quand ton beau-frère te dit « Hey j’ai fait 4000 $ avec ça cette année », les gens peuvent faire des erreurs coûteuses. Le plus on s’éduque, le mieux on s’entoure, le mieux notre portefeuille va se porter.

P.-M. : Qu’est-ce que tu observes par rapport aux finances des jeunes québécois en pleine pandémie?

P.O.Z. : La PCU a aidé beaucoup d’étudiants et pour beaucoup d’entre eux, le travail c’est plus qu’un revenu, c’est une source de motivation et une occasion de socialiser. J’ai reçu plusieurs messages de jeunes qui trouvent ça très difficile d’être privé de leur emploi dans un resto ou un cinéma. 

C’est un moyen de garnir son CV, mais au-delà de l’enrichissement financier, il y a un enrichissement personnel qui a été perdu pendant la pandémie.

P.-M. : On a beaucoup parlé des soucis financiers par rapport à la perte d’emplois, mais est-ce aussi dramatique qu’on le prétend?

P.O.Z. La catégorie la plus touchée par la pandémie c’est les 15 à 24 ans. 50 000 emplois ont été supprimés au net. En même temps, c’est une opportunité pour les jeunes d’adapter leur parcours aux besoins émergents des secteurs de travail. 

Une forte proportion des emplois qui vont être populaires dans 10-15 ans n’existent pas encore! Y’en a beaucoup qui sont sur les bancs d’école qui vont avoir des emplois qui n’existent pas. Ça peut être un bon moment présentement pour les jeunes d’avoir un wake up call et de s’orienter dans un secteur porteur d’avenir. C’est une source de motivation!

Quand la relance économique sera en cours, il y aura une pénurie de main d’œuvre et je pense que le Québec est bien positionné pour se relever comme on a une économie de PME, entre autres. 

P.-M. : Quel grand conseil donnerais-tu aux jeunes qui ne savent pas par où commencer?

P.O.Z. : S’informer. Lire, regarder, écouter. Parfois le monde et de l’économie et des finances paraît aride et inintéressant, mais si on ne se préoccupe pas de la finance, c’est la finance qui va s’occuper de nous.

Le plus tôt dans la vie où tu vas comprendre les finances, le plus tôt tu vas épargner et avoir un coussin et pouvoir réaliser ses objectifs. Ça permet de garder la tête froide. 

Je sens un changement chez les jeunes. Les jeunes s’intéressent à la bourse et aux cryptomonnaies. Les ouvertures de compte de courtage ont explosé pendant la pandémie, c’est la nouvelle activité en confinement.

Je ne dis pas de tout mettre en bourse, mais s’éduquer et se faire conseiller, ils peuvent le faire. Il ne faut pas hésiter à consulter son conseiller et tu peux le challenger le conseiller! Magasinez votre conseiller, n’hésitez pas à aller en voir un autre. Ça nous suit longtemps.  

« À vos affaires », du lundi au vendredi à 18h30 sur les ondes de LCN.

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