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Un procès en destitution «mort-né», selon le clan Trump

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AFP

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Un procès en destitution «mort-né»: l'entourage de Donald Trump se réjouissait mercredi de voir ses chances d'être acquitté au Sénat démultipliées après un vote de forme, qui a montré les réticences des sénateurs républicains à le condamner pour «incitation à l'insurrection» lors de l'assaut du Capitole. 

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Le risque pour les démocrates, qui ont impérativement besoin d'une majorité des deux tiers au Sénat pour le condamner?

Voir le milliardaire exhiber à nouveau les unes des journaux le proclamant «acquitté», comme au terme de son premier procès en destitution, dans l'affaire ukrainienne.

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Une perspective qui motivait mercredi un sénateur à rassembler des soutiens pour tenter d'éviter un procès, en votant à la place sur une motion de censure.

Cette arme parlementaire moins puissante qu'une destitution reviendrait à le marquer d'un blâme, et pourrait attirer plus d'appuis républicains, dont beaucoup ont aussi été profondément choqués par les violences des partisans de Donald Trump perpétrées au Congrès le 6 janvier, alors même qu'ils y siégeaient.

Mardi, presque tous les sénateurs républicains, 45 sur 50, avaient soutenu une tentative de bloquer le second procès historique en destitution du 45e président des États-Unis.

Or les 100 sénateurs feront office de jurés lors de ce procès prévu le 9 février. Et les démocrates auraient besoin du ralliement de 17 républicains pour condamner l'ex-président.

«Ce truc est mort-né», s'est réjoui le fils du milliardaire, Donald Trump Jr. mercredi sur Twitter.

Sans la même jubilation, le sénateur démocrate Tim Kaine a néanmoins partagé un diagnostic similaire.

Ce vote «a exposé clairement le fait que nous sommes loin d'obtenir les 67 votes» nécessaires pour le condamner, a déclaré ce modéré à des journalistes. En expliquant qu'il travaillait sur le texte d'une motion de censure qui pourrait obtenir aussi le soutien de républicains et «potentiellement éviter le procès».

«Je pense qu'il faut que» Donald Trump «rende des comptes et qu'il y ait des conséquences, et je crois que de nombreux républicains» pourraient le soutenir, a poursuivi l'ancien colistier de Hillary Clinton en 2016.

Dix républicains devraient se rallier aux 50 démocrates pour adopter une motion. Une perspective envisageable.

Même si les démocrates ont promis que le procès serait plus rapide que le premier, qui avait duré 21 jours début 2020, il pourrait monopoliser le Sénat du lundi au samedi au détriment de la «principale priorité» des débuts du mandat de Joe Biden, a-t-il souligné: adopter un gigantesque plan d'aide pour lutter contre la pandémie et confirmer les membres de son cabinet.

Républicains divisés 

Dès mardi soir, la sénatrice républicaine modérée Susan Collins avait fait le même constat d'échec annoncé: «Il suffit de faire le calcul», avait-elle lâché, jugeant «extraordinairement improbable» que le président soit condamné. Elle est désormais associée à l'initiative de Tim Kaine.

Donald Trump serait le premier ex-président à tomber sous le coup d'une motion de censure, qui ne l'empêcherait toutefois pas de se représenter en 2024.

Sous l'influence encore immense de cette personnalité hors normes, les républicains apparaissent divisés: 56 % disent que Donald Trump devrait «probablement ou absolument» briguer un nouveau mandat, tandis que 36 % jugent qu'il ne devrait «probablement ou absolument» pas le faire, selon un sondage de Politico et Morning Consult.

Cinq républicains ont voté mardi contre l'initiative du sénateur Rand Paul, qui tentait de bloquer le procès en arguant qu'il serait inconstitutionnel de juger un ex-président: Susan Collins, Mitt Romney, Lisa Murkowski, Ben Sasse et Pat Toomey.

Mais plusieurs des 50 républicains qui ont voté ont ensuite souligné que cela ne préjugeait en rien leur position dans le procès en destitution. Avec à leur tête leur chef, Mitch McConnell.

Dans une rupture fracassante, cet ex-allié de Trump avait fait savoir qu'il n'excluait pas de le condamner, le jour même de sa mise en accusation à la Chambre des représentants, le 13 janvier. Il a depuis affirmé que les partisans du magnat de l'immobilier avaient été «abreuvés de mensonges» et «incités» à lancer leur assaut meurtrier par le président.

Mercredi, cet influent vétéran du Sénat qui pèse soigneusement ses mots a laissé planer la menace:

«Le procès n'a pas encore débuté et j'ai l'intention d'y prendre part et d'écouter les arguments».