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Après l'ambivalence de Trump, Biden se veut ferme avec Poutine

Après l'ambivalence de Trump, Biden se veut ferme avec Poutine
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Les premiers pas sont trompeurs: la nouvelle page entre les États-Unis et la Russie s'est ouverte sur un accord, mais après l'ambivalence des années Trump, Joe Biden affiche une fermeté qui laisse peu de place à une embellie dans les relations glaciales entre les deux adversaires. 

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Une semaine après l'entrée en fonctions du nouveau président américain, il a déjà décroché un premier résultat avec la prolongation pour cinq ans de New Start, dernier traité bilatéral de limitation des armements nucléaires qui expirait début février.

Un dossier-clé que son prédécesseur Donald Trump avait laissé dans une impasse. Et qui résume à lui seul toute la duplicité de la politique américaine face au président russe Vladimir Poutine au cours des quatre dernières années.

« Trump voulait absolument avoir une meilleure relation personnelle avec Poutine », rappelle Ian Bremmer, président de la société d'expertise Eurasia Group, évoquant son penchant à « aimer les dirigeants autoritaires ».

Mais d'une part, son « unilatéralisme » l'a poussé à se désintéresser des accords internationaux, y compris en matière de désarmement, « sans prendre pleinement conscience » de leur caractère « stratégique ». Et d'autre part, « tout le monde autour de Trump était opposé à un réchauffement avec la Russie », que ce soit dans son gouvernement, au Congrès ou dans les médias conservateurs, dit cet expert à l'AFP.

Résultat, l'ex-président républicain « a été incapable d'améliorer vraiment les relations », qui sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide il y a trente ans.

Dans une sorte de miroir inversé, le bilan de son successeur démocrate qui se veut intraitable avec le maître du Kremlin semble déjà meilleur.

Mais l'accord sur New Start n'est pas forcément parlant pour la suite.

Historiquement, le contrôle des armements est un des rares domaines où les deux puissances rivales ont intérêt à s'entendre, et Joe Biden renoue là avec cette tradition diplomatique mise entre parenthèses par le milliardaire new-yorkais.

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« Faire peur »

« New Start était un fruit mûr », estime William Pomeranz, du cercle de réflexion Wilson Center, qui y voit toutefois « un accord isolé ». « Je suis pessimiste quant à la possibilité qu'il s'agisse d'un point de départ pour de meilleures relations. »

De fait, le ton donné par le président Biden et son équipe, composée de plusieurs « faucons » s'agissant de la Russie, est d'emblée défiant.

Sans aller jusqu'aux appels du pied trumpistes, d'autres locataires de la Maison Blanche avaient tenté, par le passé, de briser la glace avec Vladimir Poutine. George W. Bush avait dit avoir eu « une idée de son âme » après avoir regardé dans les yeux l'ex-agent du KGB, tandis que Barack Obama avait prôné un « redémarrage » (« reset ») des relations.

Au contraire, le nouveau président a immédiatement évoqué les sujets qui fâchent avec son homologue, et a demandé à ses services de renseignement de passer au crible tous les actes reprochés aux Russes mais minimisés par Donald Trump: les ingérences électorales, la récente cyberattaque géante ou encore le versement présumé de « primes » à des talibans pour tuer des soldats américains.

Le sujet de friction le plus immédiat est le sort de l'opposant russe Alexeï Navalny, victime selon les Occidentaux d'une tentative d'assassinat par empoisonnement de la part de Moscou, et arrêté mi-janvier à son retour en Russie.

Les arrestations massives et une certaine agitation des autorités russes face aux manifestations déclenchées par sa mise en détention sont suivies de très près à Washington.

« Je suis frappé de voir à quel point un seul homme, M. Navalny, semble inquiéter, voire faire peur au gouvernement russe », a ironisé mercredi le nouveau chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.

Il n'a pas exclu de nouvelles sanctions.

« L'administration Biden est plus unie » que celle de Donald Trump « sur son message de fermeté, et plus unie avec ses alliés aussi, ce qui, à la marge, permettra de mettre un peu plus de pression sur Poutine », analyse Ian Bremmer, tout en estimant que seule la pression interne pourrait faire évoluer le Kremlin.

Pour William Pomeranz, « il faut être deux pour améliorer les relations, et Vladimir Poutine n'a donné aucun signe de vouloir changer la teneur de celle entre les États-Unis et la Russie », au-delà de ses appels répétés et un peu creux à une « normalisation ».