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Biden a hérité d’un gouvernement amoché

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Après quatre ans d’une administration vouée à l’affaiblissement de l’État central américain, la tâche de reconstruction de Joe Biden est colossale.

Prendre les commandes du gouvernement américain alors que le pays fait face à une crise sanitaire et économique sans précédent, ce n’est pas rien.

Ce serait un défi monumental dans des circonstances normales, mais, en plus, Biden hérite de ministères et organismes malmenés ou négligés par l’administration précédente, qui en a ajouté une couche en refusant de collaborer pendant la transition.

Repartir à zéro

Chez nous, la haute fonction publique est généralement non partisane et peu de remplacements sont nécessaires quand le pouvoir change de mains. Aux États-Unis, la passation des pouvoirs s’accompagne de milliers de changements de personnel.

Le contraste entre l’arrivée au pouvoir de Biden et celle de son prédécesseur n’est pas moins saisissant. En janvier 2017, Trump lui-même avait louangé son prédécesseur pour son aide dans la transition. Malgré cela, l’administration Trump avait tardé à pourvoir un grand nombre de postes importants, dont certains sont longtemps restés vacants.

Cette année, l’administration Biden prévoit remplir ces postes rapidement, mais elle n’a reçu aucune aide de l’équipe sortante. Cette situation présente des défis pratiques et politiques considérables.

Défis pratiques

Parmi les défis de l’administration Biden, il y a celui d’une fonction publique largement démoralisée, largement laissée à l’abandon pendant quatre ans.

Par exemple, les organismes chargés de superviser la distribution de centaines de millions de vaccins contre la COVID-19 sont pris au dépourvu. En arrivant, l’équipe Biden a constaté qu’on ne disposait pas de données fiables sur le nombre de doses disponibles, ce qui paralyse l’opération.

Cette négligence et l’hostilité du président envers les professionnels et les scientifiques du gouvernement fédéral contraignent le nouveau président à confronter d’immenses problèmes avec une fonction publique incomplète et éclopée.

Défis politiques

Au plan politique, les défis de Biden ne sont pas moins considérables. Notamment, il porte un fardeau que n’ont généralement pas les républicains. Selon une vieille blague, les républicains se font élire en soutenant que le gouvernement est incapable de régler les problèmes et ils en font la démonstration une fois au pouvoir. Difficile de décevoir...

Le dysfonctionnement du gouvernement fédéral n’était donc pas un problème pour Trump, qui cherchait à en réduire la taille et la portée, tout en pelletant les problèmes en avant vers ses successeurs. L’administration Trump pouvait aussi fermer le robinet de l’information impunément, mais les démocrates n’auront pas ce luxe.

Joe Biden promet de vacciner 100 millions d’Américains en 100 jours. S’il manque cet objectif ou s’il cache son jeu, il en paiera le prix, alors que Donald Trump promettait mers et mondes sans résultats tangibles (plan de santé ; infrastructures, entre autres), sauf quand il était question de démanteler les politiques existantes.

Biden et les démocrates croient à la possibilité d’un gouvernement transparent qui donne des résultats concrets. Ils sont donc condamnés à livrer la marchandise.