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Des milliers de républicains quittent le navire

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Le départ de Donald Trump pour Mar-a-Lago est bien récent et s’il est un peu tôt pour jauger des retombées de sa présidence sur le Parti républicain, quelques indicateurs pointent ici et là.

Plus tôt cette semaine, on a fait état dans quelques publications américaines d’un nombre relativement élevé de défections au sein des membres du parti.

Outrés de l’assaut sur le Capitole et de l’attitude des dirigeants de la formation politique face aux propos du président, des dizaines de milliers de membres préfèrent quitter.

Cette vague est sans précédent et le site The Hill précisait que ce ne pourrait être que la pointe de l’iceberg. Historiquement, il n’est pas exceptionnel que des électeurs changent de parti ou préfèrent n’avoir aucune affiliation officielle entre deux élections, mais les pertes sont importantes.

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Malgré ce portrait sombre, il y a quelques notes positives. Les électeurs qui quittent le Parti républicain ne vont pas forcément vers le Parti démocrate.

S’il est vrai qu’on perd des membres, le recrutement permet d’éponger une partie de ce déficit. On peut donc espérer combler l’écart d’ici les élections de mi-mandat de 2022.

Vous l’avez lu ou entendu à quelques reprises déjà ; la formation républicaine est divisée entre la faction conservatrice traditionnelle et les partisans de Donald Trump. Si les dirigeants et les stratèges du parti ont bien noté la frustration des conservateurs, ils attendent encore de constater le nombre et l’influence des partisans du président, qui évolueront au sein de la formation d’ici quelques mois.

Trump toujours influent

Alors que leurs dirigeants et stratèges observent et patientent, bien des élus républicains du Congrès ont déjà choisi leur camp. Déjà 45 sénateurs s’opposaient à la tenue du procès pour la destitution de Donald Trump. Beaucoup d’élus déjà prêts à passer l’éponge malgré la gravité des accusations.

À cette solidarité des sénateurs, il faut ajouter les élus républicains de la Chambre qui exercent des pressions importantes sur leurs dix collègues qui ont dérogé à la ligne de parti en votant en faveur de la mise en accusation. 

Puis, il y a le cas du représentant républicain de la Californie, Kevin McCarthy. Ce dernier est ambitieux et il est le meneur de sa formation à la Chambre. Il a les yeux sur la fonction de speaker si ses troupiers parviennent à obtenir la majorité en 2022.

McCarthy avait vivement critiqué son président après l’assaut sur le Capitole, le pointant du doigt comme responsable. Non seulement a-t-il rapidement ravalé ses paroles, mais il a rencontré Donald Trump à Mar-a-Lago jeudi pour y être sévèrement semoncé et obtenir le pardon du « parrain ».

Nous étions nombreux à nous demander si l’assaut sur le Capitole n’avait pas sonné le glas pour Donald Trump, QAnon et l’extrême droite. Si le Parti républicain semblait jouir d’une fenêtre pour se distancier de l’influence de ses éléments les plus extrêmes, on dirait bien qu’elle s’est rapidement refermée. L’emprise de Donald Trump est encore bien réelle.