/opinion/columnists
Navigation

François Legault est fatigué

GEN - POINT DE PRESSE DE LA SANTÉ PUBLIC
Photo Martin Alarie En pandémie, la patience s’impose.

Coup d'oeil sur cet article

On ne va pas s’en surprendre alors que les Québécois toutes catégories et tous âges confondus n’en peuvent plus de cette pandémie. Fatigue, insomnie, irritabilité, tristesse s’appliquent à tous, selon les jours et les heures.

Or, le premier ministre, contrairement à la majorité des acteurs de cette pandémie, ne peut baisser ni les bras ni la garde. Il est quasiment miraculeux que sa popularité soit encore aussi haute et qu’une majorité de citoyens trouve en lui le réconfort et s’inquiète de sa santé.

Malgré les nouvelles quotidiennes accablantes sur la situation mondiale, les contraintes sévères auxquelles nous sommes soumis, il est surprenant que François Legault exhibe si peu d’états d’âme.

Mais il devrait se protéger davantage. Ma jeune collègue Elsie Lefebvre a écrit cette semaine qu’il était impératif qu’il se fasse vacciner. En effet, il est rassurant de savoir que le premier ministre ne flanchera pas. Boris Johnson et Emmanuel Macron, tous les deux plus jeunes que lui, ont attrapé le virus. Le premier ministre anglais a failli y laisser sa vie.

  • Écoutez l'entrevue de Gilles Vachon avec Benoît Dutrizac sur QUB radio:

Priorité

François Legault ne devrait pas encourager les Québécois qui sont portés à dénoncer les passe-droits en usant de la phrase stupide « Y est comme nous autes, qu’y attende son tour ! » D’ailleurs, la vice-première ministre et le ministre de la Santé devraient également accéder au vaccin. Façon de ne pas décapiter le gouvernement.

C’est sans doute la fatigue qui explique la remarque surréaliste du premier ministre, coincé dans sa décision d’appliquer le couvre-feu aux itinérants et de les accabler avec des contraventions, disant que si un itinérant ne pouvait pas recevoir de contravention, alors « n’importe qui pourrait dire qu’il est itinérant ».

C’est aussi la fatigue qui l’empêche à l’évidence de constater que le docteur Arruda est beaucoup plus épuisé que lui. Devant la presse qui l’a tant encensé jadis, c’est-à-dire il y a neuf mois, il ne sait plus que répondre à des confrères qui s’adressent à lui sans arrière-pensée, car il doit, dit-il, consulter des avocats.

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Solution

Devant la sortie dramatique des médecins spécialistes à propos du délestage, situation terriblement anxiogène pour les malades incapables d’être opérés avant un an, ce qui signifie brutalement qu’ils risquent de mourir, que peut faire François Legault ? Quelles solutions sont envisageables ? Combien de personnes sont condamnées à mourir ? Le seul moyen de réduire le nombre de nouveaux cas de COVID-19 semblerait de barricader la province tout entière.

François Legault est un service essentiel du Québec. Il ne devrait même pas glisser sur une planche à neige, risquant de se fracturer la hanche, car à cause du délestage, il ne serait opéré qu’un an plus tard, n’est-ce pas ? Il est à parier qu’aucun des chefs de partis présents à l’Assemblée nationale ne souhaite être à la place du premier ministre Legault. Les trois partis d’opposition doivent être prudents dans leur critique vis-à-vis du gouvernement. En ces temps maudits où le chef caquiste fatigué commet des erreurs de jugement, est hésitant et manque de combativité face à la langue française, les citoyens ne semblent pas lui en tenir rigueur. Car comment ferrailler politiquement quand la mort rôde en permanence ?