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L’impérissable courage de Caroline Gauthier

«On ne sait jamais quand, finalement, ça va s’arrêter.»
Photo courtoisie, Louane Williams «On ne sait jamais quand, finalement, ça va s’arrêter.»

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Dans la morosité de la pandémie, de nos confinements à géométrie et conditions variables – et du nombre de morts qui, au Québec, atteint des sommets alarmants –, des trous dans les nuages, on doit travailler très fort pour en trouver.

Des fois, ils se pointent par surprise, au fruit d’un hasard, et nous accrochent le cœur pour longtemps.

Ce matin, en lisant mes journaux avec Salut Bonjour! en accompagnement à la télé, le visage et les paroles de Caroline Gauthier – elle était en entrevue avec Gino Chouinard – m’ont happée d’un coup sec.

Impossible d’en sortir indemne.

J’avoue que je ne la connaissais pas auparavant, mais, en même temps, c’était comme si je l’avais connue toute ma vie, alors que la sienne se terminera déjà, ce dimanche, de par son propre choix de recourir à l’aide médicale à mourir.

À 35 ans, Caroline Gauthier souffre depuis des années d’un cancer du sein incurable. Sa vie, pour elle, n’en est tout simplement plus une. 

D’où son choix de quitter ce monde dimanche soir, entourée de l’amour de ses proches. 

Un choix très personnel, comme d’autres choix, en fin de vie, sont également tout aussi possibles et préférables pour d’autres. 

Caroline Gauthier est, entre autres choses, une jeune humoriste, connue aussi pour sa tournée de 2018, fort bien nommée Fuck le cancer, j’fais de l’impro.

En la voyant et en l’écoutant ce matin, aussi sereine devant sa décision – un choix qui appartient à elle seule –, son courage illuminait littéralement la pièce. 

Lorsque M. Chouinard lui a demandé comment elle se sentait, sa réponse fut simple et précise: «Je me sens libre à l’intérieur. Je n’ai aucun poids sur les épaules. Je suis une femme libérée.» 

Et sa réflexion sur la vie? lui demanda-t-il.

Là aussi, Caroline Gauthier est allée tout droit à l’essentiel. Soit de faire ce qui nous rend heureux avant qu’il ne soit trop tard:

«J’y ai pensé. Quel message je pourrais laisser? Ma réflexion sur la vie, sur la mienne, c’est: fais-le. J’aurais donc bien dû en faire, des choses, bien avant, au lieu de les repousser plus loin. Donc, j’aimerais tellement que tout le monde se dise bon, bien, OK, j’ai envie de faire ça, go, je le fais. On ne sait jamais quand, finalement, ça va s’arrêter.»

Dimanche, ses proches l’accompagneront dans son ultime voyage. Nous serons aussi sûrement nombreux à le faire d’esprit et de cœur. 

Chère Caroline Gauthier, merci d’exister. Merci pour votre immense leçon de courage. 

Merci pour l’inspiration de vie que vous offrez si généreusement à tous ceux et celles qui, par un hasard ou non, auront eu le privilège de vous entendre.