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Un monumental fiasco

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À moins d’un revirement spectaculaire, le divorce sera prononcé entre les Texans de Houston et l’un des jeunes quarts-arrières les plus spectaculaires de la NFL, Deshaun Watson. Cette franchise qui s’enlise a fait l’impossible dans l’art de s’aliéner son joueur de concession.

Ce qui ressort, c’est que Watson est mécontent parce que le propriétaire Cal McNair lui avait promis de l’impliquer activement dans le processus d’embauche pour les postes de directeur général et d’entraîneur-chef, qui étaient vacants. Or, en réalité, la colère gronde à Houston depuis plus longtemps et Watson n’est pas le seul à ne plus comprendre où s’en va l’organisation qui l’a repêché en 2017. 

Watson a performé envers et contre tous dans les dernières années même s’il a été mal entouré. Cette saison, il a réalisé à quel point l’alignement autour de lui était un champ de ruines et que la situation n’allait pas se régler de sitôt. L’équipe, gracieuseté de l’ex-pilote Bill O’Brien, a vu sa banque de choix au repêchage ravagée.

Des prières vaines

Dans leur processus de recherche d’un directeur général et d’un entraîneur, les Texans ont tendu l’oreille par politesse à leur quart étoile pour ensuite l’ignorer et faire à leur tête. Bien sûr, le quart-arrière ne doit pas en mener trop large et il ne fallait pas faire de Watson le décideur. Sauf que si les Texans avaient réellement ouvert un canal honnête de communication, ils n’en seraient pas là.

Depuis plusieurs mois, c’est Jack Easterby, qui porte le titre de vice-président aux opérations football, qui en mène large dans l’organisation. Pourtant, plusieurs médias crédibles en ont fait état, il ne possède clairement pas les compétences pour une telle fonction. 

Il s’est fait connaître dans le football comme aumônier dans le giron des Patriots. La grande foi qu’il partage avec le propriétaire des Texans en a fait son confident et chouchou, qui s’est élevé dans la hiérarchie. 

Récemment, un reportage fouillé de Sports Illustrated racontait à quel point leurs pratiques religieuses ont semé le malaise dans toute l’organisation. Devant une dure décision, les deux larrons se tiennent la main et prient pour obtenir la sagesse. Si l’on croit aux écrits saints, le Bon Dieu a bien des pouvoirs, mais probablement pas celui de reconstruire les Texans...

Watson, une diva ?

Dans un environnement si peu sérieux, il est facile de comprendre que Watson, comme tout autre travailleur, ne partage plus les valeurs de son entreprise. 

Il est vrai qu’il serait dommage que la NFL suive le modèle de la NBA, où les joueurs dictent leur avenir, sans sentiment d’appartenance. Watson, l’automne dernier, paraphait une nouvelle entente et semblait attaché aux Texans. Aucun de ses comportements depuis son arrivée dans la NFL ne laisse cependant croire qu’il agit en diva.

Les Texans exigeront la lune dans un échange. Miami serait une destination plausible parce que l’équipe est compétitive et que Watson serait bien entouré, mais dans le cas d’autres équipes dénudées, il ne pourra tout changer à lui seul. Même avec ses 4823 verges, 70,2 % de passes complétées et 33 passes de touché, les Texans, criblés de trous, n’ont gagné que quatre matchs cette saison. Watson détient une clause de non-échange dans son contrat et devra approuver sa prochaine destination, ce qui complique d’autant plus les choses. Bref, encore une fois, les Texans se sont peinturés dans le coin et leur pouvoir de négociation n’est pas optimal dans ce mauvais feuilleton. Priez pour leur âme...