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Justin Trudeau: bla, bla, bla...

GEN - VISITE DE JUSTIN TRUDEAU
Photo Martin Alarie Justin Trudeau

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Justin Trudeau possède de grandes qualités. Il est gentil, poli, il a du nerf devant ses adversaires et il est le « fils de ». 

De plus, il est au pouvoir au bon moment, lui qui incarne pile-poil la culture woke. En effet, il croit dur comme fer qu’il a réussi à entraîner le Canada dans une nouvelle dimension morale postnationale.

Rompant avec le pays bilingue et biculturel, son Canada relève plutôt de la tour de Babel diversitaire. Il se déguise au propre comme au figuré en représentant des minorités de tous genres et de toutes races. Il porte une chemise rose aux défilés de la fierté gaie et depuis quelques années, il a ajouté un drapeau transgenre. Il revêt de riches habits des tribus autochtones au cours des cérémonies où il s’autoflagelle au nom des Blancs en reconnaissant sa propre culpabilité.

Le combat des femmes est le sien, et là encore, il serait porté à se déguiser en robe si cela ne risquait pas d’être politiquement compromettant. N’oublions pas qu’il s’est grimé en Noir dans ses années de jeunesse dorée, mais il a cru bon, plus tard, s’agenouiller devant des Noirs. 

Surfeur

Or, en dépit de toutes ses excentricités, il demeure le premier ministre du Canada. Des politiciens plus habiles et plus expérimentés comme Angela Merkel sont démunis devant le fléau planétaire. Justin Trudeau, qui a toujours surfé politiquement, n’a pas eu, lui, à affronter des crises dramatiques auparavant.

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Justin Trudeau a promis mer et monde aux Canadiens face à la menace de la COVID-19. Nous allions obtenir des millions de vaccins. Lors de ces annonces, Trudeau s’enthousiasmait de son propre enthousiasme. Le valeureux chevalier anti-COVID-19 allait nous protéger.

Or, rien de cela ne s’est produit. Le premier ministre, mauvais négociateur, a peu de vaccins à nous proposer aujourd’hui. Il s’est fait berner d’abord par les États-Unis de Trump et par l’Union européenne, qui a compris qu’il fallait investir des milliards pour accéder aux vaccins.

Cette méconnaissance de la manière de négocier avec les grandes compagnies pharmaceutiques et avec nos alliés est une des grandes faiblesses de Trudeau.

Narcissiste

Ce dernier est prisonnier de son narcissisme, qui l’a propulsé à la tête du pays. Il persiste à croire que les apparences peuvent masquer la réalité. Il doit toujours gagner grâce à la séduction. Il a un jour confié à un de mes amis qu’il ne comprenait pas pourquoi je ne l’aimais pas, interprétant les critiques comme un rejet de sa personne. 

Cette attitude puérile est désolante, mais aussi politiquement inquiétante. Le hic, c’est que Justin Trudeau a réussi, à ce jour, à se maintenir au pouvoir. Un adolescent, aussi charmant soit-il, peu formé intellectuellement, entouré de conseillers semblables à lui et de députés assoiffés de pouvoir peut être un prince dans son royaume. Mais pas le dirigeant d’un pays démocratique.  

Le Canada est un pays qui était toujours dirigé par des gens responsables. Des gens qui exerçaient le pouvoir sans déguisement, sans enfantillages, et sans départager les citoyens entre ceux qui les aiment et ceux qui ne les aiment pas. Des adultes, pour tout dire, qui comprenaient que la vie est tragique. Car la politique n’est pas un jeu d’enfants, même grands.