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Souveraineté: où loge vraiment Legault?

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François Legault a été souverainiste la plus grande partie de sa vie. Puis, vers la fin des années 2000, il s’est convaincu que l’indépendance, bien que souhaitable, était improbable à court ou moyen terme : les Québécois ne s’y intéressaient plus. Alors il a tourné la page en créant la CAQ. La souveraineté n’était plus au programme. Il a même prétendu qu’il s’y opposait.

Mais manifestement, il avait moins tourné la page que refoulé ses convictions. 

Depuis son arrivée au pouvoir, on sent que son univers mental demeure fondamentalement nationaliste. 

Pandémie

Il veut que le Québec se gouverne lui-même et semble croire qu’Ottawa représente un gouvernement de trop. 

La pandémie a accentué ce réflexe, au point de faire remonter à la surface des convictions enfouies. On l’a vu avant-hier en conférence quand le journaliste Patrice Bergeron lui a demandé si le tataouinage du gouvernement fédéral dans la gestion de la pandémie ne réveillait pas son souverainisme d’antan. 

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Pourquoi Ottawa devrait gérer les frontières ou les vaccins à la place du Québec ? Pourquoi demander sa permission pour faire ce qu’il juge nécessaire ? Pourquoi se contenter d’une autonomie partielle plutôt qu’être maîtres chez nous ?

Sa réponse et sa gestuelle étaient éloquentes. 

Il n’a pas dit que ce n’était pas une bonne idée.

Il a dit qu’il ne voyait pas de référendum gagnant avant la fin de la pandémie et que les Québécois n’étaient pas prêts à voter Oui pour l’instant. Dans les circonstances, l’autonomie était encore la meilleure alternative.

Référendum

On comprend que le premier ministre considère qu’un référendum gagnant est un référendum gagné par le Oui. 

On comprend aussi qu’il s’oppose moins à l’indépendance qu’il croit que les Québécois ne sont pas encore disposés à l’appuyer. 

Ce dernier point pourrait changer. Il ne sera pas trop tard, après la pandémie, pour que François Legault sorte du placard.

Quand, dans quelques années, Ottawa cassera la loi 21, viendra une crise semblable à celle du lac Meech. À ce moment, à la différence de Robert Bourassa, François Legault, plutôt que de s’effondrer, pourrait bien faire le dernier pas vers le pays. On verra !

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