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«Chute libre» : Viggo Mortensen réalise un vieux rêve

Chute libre
Photo courtoisie, Métropole Films L’acteur et réalisateur Viggo Mortensen sur le plateau de tournage de son film Chute libre.

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Mieux vaut tard que jamais. À 62 ans, après avoir joué plusieurs rôles marquants au cinéma, Viggo Mortensen a réalisé un vieux rêve en signant son premier long métrage en tant que réalisateur, Chute libre.

Ce film qui a déjà été sélectionné dans plusieurs grands festivals (Sundance, Cannes, Toronto) relate la relation complexe entre un vieil homme atteint de démence et son fils homosexuel. Le Journal s’est entretenu par visioconférence avec l’acteur et grand partisan du Canadien de Montréal qui parle d’ailleurs très bien français. 

Q : Vous lancez votre film Chute libre dans un contexte très particulier puisque la majorité des cinémas sont fermés. Vous avez tout de même pu le présenter en salle dans certains festivals comme Sundance, mais c’est surtout en ligne que le film circule. Comment vivez-vous avec cela ?

R : « On a essayé de garder le film en vie malgré ce contexte compliqué lié à la pandémie. Mais c’est sûr que c’est frustrant de ne pas pouvoir le sortir partout en salle comme on aurait aimé le faire. On a pu le présenter à Sundance juste avant la pandémie et on avait eu d’excellentes réactions du public. C’est dommage de ne pas avoir pu poursuivre sur cette lancée. »

Q: Vous dites que vous avez écrit les premières lignes de cette histoire dans un avion en revenant des funérailles de votre mère. Que souhaitiez-vous raconter ?

R: « Je voulais d’abord me souvenir de certaines choses à propos de mes parents et je voulais aussi explorer ce que je ressentais et ce que j’avais appris d’eux. Le film raconte une histoire fictive à propos d’un homme et de son père. Mais en même temps, la figure de la mère est très importante dans le récit. Trouver l’actrice qui joue la mère a d’ailleurs été tout un défi pour moi. Quand j’ai rencontré Hannah Gross, j’étais tellement content parce qu’elle avait ce petit quelque chose de spécial que je recherchais. Je suis très satisfait de la distribution en général. C’est une distribution toute étoile. »

Q: Justement, parlant de la distribution du film, vous avez confié le personnage du père à Lance Henriksen, qui est plutôt connu pour ses rôles dans des films d’action et de science-fiction. Comment en êtes-vous arrivé à faire ce choix ?

R: « J’avais vu son travail avant de le rencontrer [en 2008 sur le plateau de tournage du western Appaloosa]. Je n’ai pas vu tous ses films parce qu’il en a fait des centaines, mais j’en ai vu plusieurs. Ce qui m’a toujours impressionné chez lui, c’est qu’il est toujours totalement investi dans les personnages qu’il incarne. Il ne joue pas, il les vit. 

J’ai donc rapidement pensé à lui après avoir terminé le scénario de mon film. Il n’avait jamais vraiment joué ce genre de personnage. Mais il a beaucoup aimé le scénario et il a été le premier acteur à se joindre au projet. Je crois qu’il livre une grande performance, courageuse, dérangeante et inoubliable. J’aimerais qu’il obtienne toute la reconnaissance qu’il mérite avec cette performance. »

Q: Vous avez aussi choisi de jouer vous-même le personnage du fils dans votre film. Pourquoi ?

R: « Pour être honnête, je ne voulais pas jouer dans le film au départ. Mais j’ai finalement décidé de le faire parce que ça nous aidait à obtenir la dernière partie du financement. Mais au final, je pense que ç’a été une bonne décision créative parce que ça m’a donné l’occasion de collaborer avec Lance [Henriksen] et de partager des scènes très complexes et émouvantes avec lui. »

Q: Le personnage du père dans le film souffre de démence. J’ai lu que plusieurs membres de votre famille en ont été atteints. Ça devait être un sujet délicat à aborder pour vous ?

R: « Je voulais surtout explorer ce que j’appelle “l’autre pandémie”, c’est-à-dire le manque de communication. C’est un problème qu’on retrouve, pas seulement aux États-Unis, mais aussi un peu partout aujourd’hui. Et ça s’est empiré depuis le moment où j’ai commencé à écrire le scénario. 

Mais c’est vrai que je voulais aussi apporter mon regard sur la démence. J’ai personnellement vécu cela avec mes parents, mon beau-père et mes grands-parents. Ça m’a aidé pour écrire la relation que ce personnage a avec son fils et avec les autres membres de sa famille. Je voulais montrer une autre facette de cette maladie. On perçoit souvent les personnes atteintes de démence comme des gens qui sont toujours confus. Mais selon mon expérience, ce sont plutôt les gens qui les observent qui sont confus par ce qu’ils disent. Leur perception du temps présent est différente de celle des autres. Mais pour eux, cette perception est bien réelle. »

Q: En terminant, parlons des choses sérieuses : vous êtes un grand fan du Canadien de Montréal. Avez-vous suivi le début de saison de l’équipe ? 

R: « J’ai regardé quelques matchs, mais je n’ai pas pu tous les voir. Je crois qu’on va terminer au premier rang de la division canadienne. »


Le film Chute libre (Falling) sera présenté en vidéo sur demande à compter du 5 février.