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Champs endommagés par les motoneiges

Des agriculteurs perdent des milliers de dollars à cause des délinquants qui sortent des sentiers balisés

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Des producteurs agricoles pourraient interdire l’accès à leurs champs si des motoneigistes irrespectueux continuent à les saccager.

« C’est la pratique de la motoneige qui est à risque s’il n’y a pas plus de civisme », prévient Marcel Groleau, président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA). 

Ce dernier représente de nombreux agriculteurs qui ont accordé un droit de passage aux motoneigistes, à condition qu’ils restent sur une piste bien déterminée. 

La moitié des 33 000 km du réseau de sentiers balisés au Québec traversent d’ailleurs des terrains privés. 

« C’est un privilège que de pouvoir passer sur ces terres-là », rappelle Michel Garneau, de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec. 

Or, les ennuis surviennent quand certains s’aventurent pour faire du hors-piste dans les champs avoisinants, endommageant cultures et plantations au passage et causant des pertes pouvant s’élever à des milliers de dollars. 

Une page blanche

« Au printemps, quand tout dégèle, on voit le zigzag que la personne a fait une fois parce que ça ne repousse pas », témoigne Elodie Cyr, qui cultive du foin pour ses chevaux à New Richmond, en Gaspésie. 

« La minute qu’ils pèsent un peu sur le gaz, ils creusent jusqu’au sol. » 

Le poids des véhicules endommage les plants, mais compacte aussi la neige qui agit comme isolant protecteur. 

À Saint-Adelme, dans le Bas-Saint-Laurent, Catherine Maquet a dû sacrifier une cinquantaine de jeunes sapins qui avaient été « scalpés » par le passage des motoneigistes. 

« J’ai 16 panneaux et une dizaine de barrières... Ils le savent que c’est une propriété privée », s’insurge celle qui s’efforce d’entretenir les 42 hectares qu’elle a achetés avec son conjoint il y a deux ans.  

Même dans le milieu, un certain énervement envers ces motoneigistes qui ne respectent pas les règles se fait sentir. 

« Ce n’est pas un problème de motoneigistes, c’est un problème de délinquants qui s’adonnent à faire de la motoneige », se désole M. Garneau.

La Fédération des clubs de motoneigistes et l’UPA travaillent ensemble pour sensibiliser les intéressés à la situation. 


SAINT-LIN-LAURENTIDES

Lanaudière

Photo courtoisie

Le champ de foin d’un agriculteur de Lanaudière, qui souhaite demeurer anonyme, est endommagé par le passage d’une dameuse qui a créé un pont de neige pour le passage des motoneiges. « S’il reste juste un pouce de neige sur le foin, ça gèle et c’est fini pour nous », explique-t-il.  

Photo courtoisie

Au printemps, les traces qu’ont laissées les motoneiges hors-piste empêchent le foin de repousser à la normale. La perte de la première coupe de foin peut atteindre 50 % et celle de la seconde coupe, 25 %.  


SAINT-ADELME 

Bas-Saint-Laurent 

Photo courtoisie

Des motoneigistes ont carrément forcé des barrières pour pouvoir accéder aux 42 hectares du terrain de Catherine Maquet, s’appropriant ainsi un terrain de jeu. « Avec 15 centimètres de neige, ils deviennent fous », témoigne la femme d’origine belge.