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Le couvre-visage artisanal de plus en plus déconseillé

Le couvre-visage artisanal de plus en plus déconseillé
Photo AFP

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Le couvre-visage artisanal en tissu pourrait-il bientôt être interdit? Dans quelques endroits dans le monde en tout cas, on oblige maintenant le port d’un masque médical uniquement, et certains spécialistes croient que le Québec devrait faire de même.

«Quand il y avait une pénurie de masques, beaucoup de compagnies ont aidé en produisant des couvre-visages artisanaux, mais maintenant, il faut dire merci et tourner la page», a déclaré le Dr Éric Sabbah, interniste au Centre cardiovasculaire de la Rive-Sud.

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Le masque FFP2, l’équivalent européen du N95, est devenu obligatoire la semaine dernière dans les transports en commun et dans les magasins en Autriche, ainsi que dans le länder de Bavière, en Allemagne.

On y réfléchit aussi ailleurs en Europe.

«Il faut savoir que dans plusieurs pays européens, le variant britannique est devenu dominant. Ici, on n’est pas là, la priorité devrait plutôt être mise sur le contrôle des frontières», a tempéré le Dr Sabbah.

Pour l’heure, proscrire le couvre-visage de tissu et rendre obligatoire le masque jetable suffit, selon lui.

Le N95 et le KN95, son dérivé chinois, sont certes plus efficaces que le traditionnel masque chirurgical bleu, mais ô combien plus inconfortables.

«Pour une petite commission ou pour prendre l’autobus, ça pourrait aller, mais plus longtemps qu’une demi-heure, ça devient vraiment intolérable. Si on l’impose en ce moment, les gens l’ajusteraient sans cesse avec leurs mains, et ce n’est pas ce qu’on veut», a poursuivi le Dr Éric Sabbah.

N95 pour tout le personnel hospitalier

Le médecin sait de quoi il parle: lui-même a eu à porter les deux types de masques dans le cadre de son travail.

Pour le moment, les employés des hôpitaux sont contraints au minimum de couvrir leur bouche et leur nez d’un masque chirurgical. Le N95 est la norme uniquement pour le personnel qui travaille avec des patients atteints de la COVID-19.

«Comme les employés des hôpitaux sont déjà habitués à porter le masque, je pense qu’on pourrait rendre obligatoire le N95 pour tout le monde, a suggéré le Dr Sabbah. Ça va certainement contribuer à réduire la propagation dans l’hôpital.»

Le N95 a une capacité de filtration de 95%, alors que le couvre-visage lavable a une efficacité moyenne entre 25 et 30%, a estimé l’interniste.

Pour ce qui est du simple masque chirurgical, ses bienfaits peuvent varier énormément d’un modèle à l’autre, même si son apparence change peu.

«Il faut savoir que ce n’est pas à cause du tissu qui est utilisé que le N95 est généralement plus efficace que le masque chirurgical. C’est parce qu’il épouse mieux la forme du visage, ce qui laisse moins d’air passer sur les côtés», a expliqué le Dr Sabbah, qui insiste sur l’importance d’avoir un masque bien ajusté.

Statu quo au Québec

Conscient de cet enjeu, le grand patron de la santé publique américaine, le Dr Anthony Fauci, a commencé cette semaine à vanter le port de deux masques l’un sur l’autre.

Au pays par contre, les avis officiels sur le sujet restent les mêmes. Le couvre-visage artisanal avec trois couches demeure adapté à certaines situations, ont martelé dimanche Santé Canada et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

«Les gens parlent souvent des masques comme de la panacée, mais de toutes les règles sanitaires, c’est vraiment en bas de la pyramide. Aucun masque n’est parfait, et le plus important est de limiter les contacts», a tenu à préciser la Dre Chantal Sauvageau, médecin-conseil à l’INSPQ.

Elle a également rappelé que le masque chirurgical est déjà obligatoire en théorie dans les milieux de travail. La médecin-conseil se désole de voir encore des employés dans certains secteurs ne revêtir que le couvre-visage artisanal.

«C’est certain que si on est collé huit heures l’un sur l’autre avec un couvre-visage en tissu, il va y avoir des éclosions en milieu de travail», a insisté la Dre Sauvageau.

Situation au Québec

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