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Un exercice d’introspection

Un jeune réalisateur s’ouvre sur sa bipolarité

Hugo Rozon
Photo courtoisie Hugo Rozon (à droite) dans une scène de son documentaire The 108 Journey.

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Hugo Rozon a été diagnostiqué bipolaire à l’été de ses 18 ans au retour d’un road trip en Californie qui s’est terminé par une psychose et un épisode maniaque. Sept ans plus tard, le jeune homme lève le voile sur sa maladie mentale dans un film qu’il a tourné pendant un voyage de plusieurs mois, en Inde et au Népal. 

Ce documentaire de 60 minutes intitulé The 108 Journey est disponible en ligne depuis jeudi passé sur le site du film. En l’offrant gratuitement au public, Hugo Rozon, qui est aujourd’hui âgé de 25 ans, espère ainsi apporter sa contribution en aidant les gens qui pourraient vivre des situations similaires à la sienne.

« La plus grande difficulté que j’ai eue après mon diagnostic, c’était de penser que j’étais seul là-dedans et que j’étais incompris par tout le monde », explique Hugo Rozon en entrevue au Journal

« Si j’étais tombé sur un film comme le mien, ça m’aurait peut-être aidé à comprendre que je n’étais pas seul là-dedans. D’ailleurs, après le lancement de la bande-annonce, j’ai commencé à recevoir des témoignages de gens qui me remerciaient et me disaient que ça les avait fait pleurer. Ça m’a beaucoup touché. »

C’est en novembre 2019 qu’Hugo Rozon a décidé de tout laisser tomber (y compris son boulot et ses parts dans une agence de marketing) pour partir pendant plusieurs mois à la découverte de l’Inde. L’idée de filmer ce voyage initiatique s’est imposée en cours de route. En février 2020, le coréalisateur Mathieu Perrault Lapierre l’a rejoint pour l’aider à tourner le film. Le tournage s’est terminé en pleine pandémie, en mai dernier. 

Journal intime

En réalisant The 108 Journey qu’il décrit comme un journal intime, Hugo Rozon dit avoir voulu faire la paix avec lui-même : « C’était avant tout un travail d’introspection, indique-t-il. Le film raconte ce qui s’est passé pendant ce voyage. Mais ça regroupe aussi tout ce que j’ai vécu depuis que j’ai reçu mon diagnostic. »

Car Hugo Rozon a vécu des moments difficiles après avoir reçu ce diagnostic, en 2013.

« Ç’a été un gros choc d’apprendre cela à 18 ans, admet-il. Ça m’a pris deux ans avant de redevenir moi-même. Cela dit, chaque personne qui reçoit un diagnostic de bipolarité peut le vivre de façon différente. [...] Pour ma part, je ne me vois pas comme quelqu’un de bipolaire. Je me vois comme une personne unique et différente. Je ne suis pas quelqu’un qui est toujours déprimé chez moi. J’ai des beaux projets, de bons amis et ça va bien la majorité du temps. Je ne sens pas que mon trouble bipolaire est un handicap. »