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Une Québécoise assume sa pilosité en une du Glamour UK

Elle défie les standards de beauté en couverture de la réputée revue britannique

Esther Calixte Béa
Photo Chantal Poirier Esther Calixte-Béa a posé pour Le Journal en marge de l’entrevue.

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Une Québécoise qui se bat pour normaliser la pilosité féminine se retrouve à la une du prestigieux magazine féminin Glamour UK, dont la plus récente édition a l’amour-propre pour thème.

La une du magazine Glamour UK de janvier 2021 avec Esther Calixte-Béa
Photo courtoisie, GLAMOUR UK
La une du magazine Glamour UK de janvier 2021 avec Esther Calixte-Béa

« Je voulais montrer qu’une femme aussi poilue que moi pouvait être sur un cover », confie Esther Calixte-Béa, alias Queen Esie, qui s’est chargée de la direction artistique de cette photo où elle dégage une grande assurance.

La native de la Rive-Sud est l’une des 10 femmes choisies par le magazine anglais pour célébrer la diversité corporelle dans ses pages et faire progresser les mentalités. 

« Plusieurs d’entre elles n’ont jamais vu personne qui leur ressemble sur la couverture d’un magazine », explique Deborah Joseph, rédactrice en chef de cette revue fondée en 1939 et lue par 2,7 millions de lecteurs chaque mois. 

L’une n’a pas de gêne à montrer sa mastectomie, l’autre a appris à assumer son eczéma, une autre encore est une mannequin atteinte de dystrophie musculaire. 

Experte du camouflage

Esther Calixte-Béa, elle, a une pilosité abondante. Déjà, à 11 ans, elle épilait à la cire sa poitrine pour sa graduation du primaire. 

Née d’une mère haïtienne et d’un père ivoirien, la jeune femme a récemment appris que certaines de ses ancêtres de la tribu Wè, de la Côte-d’Ivoire, étaient aussi poilues, mais l’ignorait à l’époque. 

Devenue experte à camoufler ses poils au secondaire, l’adolescente refusait systématiquement d’aller à la piscine et avait le tic de toujours remonter son chandail. 

« Les réactions des gens m’ont rendue complexée. Je ne voulais pas être le centre d’attention », se rappelle celle qui a dépensé une fortune en soins d’esthétique. 

Sa pilosité ruinait son moral, mais la faisait aussi souffrir physiquement. 

Son décolleté était marqué par des cicatrices « horribles » et des poils incarnés apparus à force d’éliminer sa pilosité sans relâche. 

En 2019, un déclic s’est fait alors qu’elle contemplait les conséquences de sa guerre au poil. 

« Je me suis demandé pourquoi mon corps réagissait comme ça si c’était normal que les femmes enlèvent leurs poils. C’est là que j’ai décidé de les garder, et de les assumer », affirme l’activiste de 24 ans.

La vraie Esther

Sur les réseaux sociaux, elle n’hésite pas à exposer sa pilosité.
Photo courtoisie
Sur les réseaux sociaux, elle n’hésite pas à exposer sa pilosité.

Queen Esie s’est ensuite dévoilée sans fard à ses amis dans une série des photos publiées sur Instagram, avec l’impression de se montrer enfin sous son vrai jour. 

Plus de 28 000 personnes suivent aujourd’hui ses projets artistiques de photo, de peinture et de couture (@queen_esie et @artist_esie) et qui normalisent le poil des femmes et en inspirent plusieurs. 

« Je veux montrer qu’on a le choix de se raser ou non », résume-t-elle.

Pense-t-elle qu’un magazine québécois l’aurait mise en première page ? 

« Je ne sais pas si on est rendu là, au Québec »

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