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Ça y est! Le monde est rendu fou!

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Je suis sûre que Jean de La Fontaine s’est retourné dans sa tombe la semaine dernière. 

L’auteur des fameuses Fables Le corbeau et le renard, La cigale et la fourmi et Le lièvre et la tortue a dû faire un tour complet sur lui-même au cimetière du Père-Lachaise, quand la nouvelle est sortie : l’organisme de protection des animaux Peta affirme que c’est oppressif pour les animaux que d’utiliser des noms de bestioles pour qualifier un être humain. 

La prochaine fois que quelqu’un vous dira que vous avez une tête de cochon, vous pourrez traiter cette personne de « suprémaciste du langage » !

BIEN ÉLEVÉS

On a vraiment atteint le sommet du ridicule... ou le bas-fond de l’absurde. 

L’organisme Peta (Pour une éthique dans le traitement des animaux), qui compte trois millions de membres, a tweeté le 26 janvier :

« Les mots peuvent créer un monde plus inclusif ou perpétuer l’oppression. Utiliser un nom d’animal comme insulte renforce le mythe que les humains sont supérieurs aux autres animaux et qu’il est justifié de les violenter. Prenez position en faveur de la justice en rejetant le langage suprémaciste. » 

Suivait une liste (en anglais) de noms d’animaux à ne plus utiliser comme insulte. Au lieu de traiter quelqu’un de cochon, dites plutôt qu’il est dégoûtant. Mais quelle idiotie ! Qu’est-ce qu’on veut nous faire croire ? Que quand on traite quelqu’un de poule mouillée, il y a quelque part dans le monde une petite poulette qui meurt ? 

Après des « safe spaces » pour les petits milléniaux fragiles, les étudiants de l’Université d’Ottawa et ceux de McGill, il va falloir des zones libres de tout vocabulaire blessant pour... les animaux de la terre ? 

Croyez-vous vraiment que quand je dis « muet comme une carpe » ça signifie que je suis une vilaine suprémaciste langagière ? Que je suis une psychopathe qui se promène avec une massue prête à assommer le moindre poisson qui bouge pour affirmer ma supériorité animale ? 

Doit-on prévenir TVA de changer le nom de son émission La poule aux oeufs d’or parce que Sébastien Benoît risque de faire de la pépeine au Front de libération des volailles du Québec ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

J’imagine qu’il ne faut plus non plus dire que les animaux sont des « bêtes » parce que ça heurte leur estime de soi ? 

Est-ce que Peta nous autorise quand même à utiliser les 1001 expressions utilisant les noms d’animaux de façon positive ? Peut-on encore dire « rusé comme un renard », « doux comme un agneau », « des yeux de biche » ou « fier comme un coq » ? 

Autrement dit, est-ce que Peta est à cheval sur ses principes ?

Quand on parle de droits des animaux, les causes ne manquent pas : maltraitance, usine à chiots, élevages intensifs, fourrures, etc. Ça, ce sont vraiment des cas où les animaux sont opprimés. 

Mais dire à quelqu’un qu’il a une haleine de chacal ou se plaindre qu’on a le cafard, franchement, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. 

BALANCE TON PORC

Au cinéma, dans le générique des films, on voit souvent apparaître la mention « aucun animal n’a été maltraité pendant le tournage ».

Aurons-nous bientôt droit à une certification avant la publication de livres ou d’articles: « Aucun animal n’a été blessé par le vocabulaire utilisé dans ce texte » ?