/world/pacificasia
Navigation

La Birmanie, une fragile démocratie renversée par l'armée

Coup d'oeil sur cet article

La Birmanie, où l'armée vient de mener un coup d'État, était sortie il y a tout juste 10 ans d'un régime militaire au pouvoir pendant près d'un demi-siècle. 

• À lire aussi: L’UE «condamne fermement» le coup d’État en Birmanie

• À lire aussi: Condamnations internationales après le coup d’État en Birmanie

• À lire aussi: Coup d’État en Birmanie, Aung San Suu Kyi arrêtée

Sous la coupe des militaires

En 1886, les Britanniques annexent la Birmanie qui devient une province de l'Empire des Indes. Mais leur domination s'effondre avec l'invasion japonaise (1942-45). 

Le 4 janvier 1948, la République de l'Union birmane fête son indépendance, un an après l'assassinat du général Aung San, héros national. Sa fille, Aung San Suu Kyi, deviendra la figure de proue de l'opposition et obtiendra le prix Nobel de la Paix en 1991.

En 1962, un coup d'État porte les militaires au pouvoir. 

En août 1988, un soulèvement populaire réclamant plus de démocratie est réprimé dans le sang, faisant environ 3000 morts. Cet événement qui se solde par un putsch, marque l'entrée en politique d'Aung San Suu Kyi, placée quelque mois plus tard en résidence surveillée. En mai 1990, son parti nouvellement créé, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), remporte des élections. Mais la junte refuse d'en reconnaître les résultats.

Finalement libérée en 2010, elle est élue députée en 2012, un an après l'autodissolution surprise de la junte.

Une série de réformes politiques et économiques permettent la levée de la plupart des sanctions occidentales.

En novembre 2015, la LND remporte une victoire historique lors des premières élections générales libres depuis 1990. En avril 2016, Aung San Suu Kyi, que la Constitution empêche d'accéder à la présidence car elle a été mariée à un étranger, devient de facto la cheffe du gouvernement. 

Le 8 novembre 2020, son parti gagne haut la main les élections législatives mais les militaires affirment que le scrutin a été entaché de fraudes massives. 

Crise des Rohingyas

Dans ce pays majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane des Rohingyas est confrontées de longue date à des violences intercommunautaires et des lois discriminatoires. 

En août 2017, des centaines de milliers de Rohingyas fuient la Birmanie, après une opération de répression de l'armée en représailles d'attaques de postes-frontières par des rebelles.

Depuis, environ 750 000 membres de cette communauté se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l'armée et de milices bouddhistes, un drame qui a valu au gouvernement d'Aung San Suu Kyi d'être accusé de « génocide » devant la Cour internationale de justice, plus haute instance judiciaire de l'ONU. 

Quelque 600 000 membres de cette minorité vivent toujours dans l'État Rakhine (nord-ouest), dans des conditions d'« apartheid », selon Amnesty International.

La Birmanie est confrontée par ailleurs à des conflits dans ses régions frontalières où l'armée affronte plusieurs des nombreuses autres minorités ethniques du pays.

En octobre 2015, les autorités ont signé un cessez-le-feu avec plusieurs groupes rebelles, mais le processus stagne et un accord à l'échelle nationale n'a toujours pas été conclu.

Pauvre mais riche en ressources naturelles

Après presque un demi-siècle de régime militaire, la Birmanie a commencé à s'ouvrir en 2011. Depuis cette date, les investissements ont afflué, pour un montant total d'environ 50 milliards de dollars en 2019, dont la moitié vers la seule ville de Rangoun, la capitale économique du pays, selon le cabinet PriceWaterhouseCoopers.

Si le niveau de vie a augmenté pour beaucoup de Birmans, un tiers de la population vit toujours dans la pauvreté et les infrastructures sont encore vétustes.

Le pays possède d'importantes ressources naturelles, en particulier le jade dont il est le premier producteur mondial, mais aussi pétrole et gaz naturel, bois précieux, rubis, or, cuivre...

C'est aussi le deuxième plus gros producteur mondial d'opium, base de l'héroïne, derrière l'Afghanistan. Ces dernières années, l'Asie du Sud-Est est également devenue l'épicentre mondial du trafic de drogues de synthèse dont les revenus se chiffrent en dizaines de milliards d'euros par an (ONU, 2019).

La majorité de la drogue vient de laboratoires clandestins en État Shan (nord de la Birmanie).

Pandémie

La Birmanie, dont la population s'élève à 54 millions d'habitants (Banque mondiale, 2019) est frappée de plein fouet par la pandémie de coronavirus. Avec plus de 140 000 cas et plus de 3000 décès officiellement recensés, la situation de ce pays au système de santé défaillant est l'une des plus préoccupantes de la région.

D'une superficie de 676 552 km2, la Birmanie possède des frontières communes avec le Bangladesh, l'Inde, la Chine, le Laos et la Thaïlande. Le pays s'est doté en 2005 d'une nouvelle capitale, Naypyidaw.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.