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Confinement: de gros problèmes à venir pour les animaux de compagnie

Des éducateurs canins anticipent le pire après la pandémie

La spécialiste en comportement canin Danielle Gauthier De Varennes rappelle qu’avant d’adopter, les gens devraient prendre en considération le fait qu’un chien a une espérance de vie de près de 15 ans.
Photo Didier Debusschère La spécialiste en comportement canin Danielle Gauthier De Varennes rappelle qu’avant d’adopter, les gens devraient prendre en considération le fait qu’un chien a une espérance de vie de près de 15 ans.

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Troubles de comportement, «désocialisation» des chiens, manque d’accessibilité aux soins vétérinaires, l’adoption de masse, en pleine pandémie, amènera assurément son lot de problèmes autant pour les animaux que pour leurs maîtres.

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C’est du moins ce qu’anticipent des éducateurs canins, des techniciens en santé animale et des propriétaires de refuges, interrogés par Le Journal.

«Quand la pandémie va finir, on va retourner travailler à l’extérieur. Et les gens vont être excités de pouvoir sortir, donc ils vont sortir plus et laisser leur chien seul à la maison. Ils ne sont pas habitués à être tout seuls. Ils vont développer de l’anxiété de séparation, de la peur, de l’ennui», affirme Danielle Gauthier De Varennes, éducatrice canine, propriétaire de Fidèle Canin.

«Un chien qui vit dans un condo et jappe toute la journée, ou un qui détruit tout parce qu’il s’ennuie, ça peut causer beaucoup de problèmes, et même mener à l’euthanasie», craint la spécialiste en comportement canin.

La spécialiste en comportement canin Danielle Gauthier De Varennes rappelle qu’avant d’adopter, les gens devraient prendre en considération le fait qu’un chien a une espérance de vie de près de 15 ans.
Photo Didier Debusschère

«Les chiens ne font pas d’ulcères d’estomac. S’ils sont anxieux, ils vont manger des pattes de chaise. Des problèmes de comportement, il va y en avoir», affirme de son côté Serge Boudrias, président de l’Union des éleveurs canins du Québec.

Les chats aussi

Bien que moins importants, des troubles de comportement pourraient aussi se manifester chez les chats, affirme Mme Gauthier De Varennes. «S’ils ne font plus rien, les chats peuvent par exemple miauler la nuit ou faire leurs griffes sur le divan», explique-t-elle, précisant qu’il est primordial de conserver une «routine d’activités» avec son animal.

La «folie furieuse» entourant l’adoption de chiens est aussi en cause, estime pour sa part Leattytia Badibanga, fondatrice d’un regroupement de refuges éthiques, Les Pattes Jaunes.

«Nous avions des candidats qui habituellement passaient plusieurs mois en refuge, par exemple des chiens de type pitbull en raison de la réglementation, ou des chiens avec des problèmes d’agressivité qui partaient super vite», lance Mme Badibanga.

Une éleveuse de golden retrievers appréhende aussi une augmentation des cas de morsures.

«Je ne serais pas surprise de voir plus de morsures. C’est une conséquence directe de chiens mal éduqués. On risque d’en voir plus», soutient Monick Drolet.

Manque de socialisation

Par ailleurs, la pandémie et le confinement causent aussi un manque de socialisation chez les chiens. Un problème sur lequel il faut travailler le plus rapidement possible, estiment les éducateurs.

«J’ai des chiens qui jappent dès qu’un étranger arrive. D’autres qui ont peur ou tremblent en voyant une voiture. Si un chien ne sort pas, ne voit pas personne pendant longtemps, il se désocialise et c’est ce qu’on voit avec la pandémie», indique Mme Gauthier De Varennes.

La spécialiste en comportement canin Danielle Gauthier De Varennes rappelle qu’avant d’adopter, les gens devraient prendre en considération le fait qu’un chien a une espérance de vie de près de 15 ans.
Photo Didier Debusschère

L’accès à des services vétérinaires et de toilettage sera aussi plus difficile à la suite de cette importante hausse du nombre d’adoptions au Québec, affirme de son côté Nathalie Clément, éleveuse et éducatrice, propriétaire de l’entreprise Passion Canin.

«Déjà, la plupart des cliniques vétérinaires ne prennent plus de nouveaux clients», s’inquiète-t-elle.

—Avec Simon Baillargeon