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Engouement pour les animaux: ils craignent une vague d’abandons

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Des éleveurs responsables, directeurs de refuges et spécialistes en comportement canin tirent la sonnette d’alarme, craignant une vague d’abandons après la pandémie, lorsque les familles auront moins de temps pour s’occuper de leur animal.

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«On le voit déjà en France. C’est prévisible que ça va arriver ici», dit l’éducatrice canine Danielle Gauthier De Varennes. 

«Les chiens se sont habitués à trois ou quatre marches par semaine. C’est certain que ce sera problématique avec le retour à la normale», ajoute pour sa part, Leattytia Badibanga, fondatrice d’un regroupement de refuges éthiques, Les Pattes Jaunes. 

Les chiens «de travail», comme le husky, le border collie, le berger allemand et le berger australien, risquent d’être les plus grandes victimes de ce fléau, croient les spécialistes. «Ce sont des chiens qui ont beaucoup d’énergie et, s’ils sont seuls, ils ne pourront plus canaliser leur énergie», explique Mme Gauthier De Varennes. 

L’inquiétude est aussi importante pour les animaux vendus aux premiers venus par des éleveurs malhonnêtes, sur les petites annonces. 

«On peut anticiper une vague d’abandons», affirme d’emblée le directeur pour le Québec au conseil d’administration du Club canin canadien, Denis Gros-Louis.

L’organisme qu’il représente «encourage les éleveurs à avoir des pratiques responsables pour s’assurer que les chiens soient retournés chez l’éleveur en cas de désistement.»

Des efforts de sensibilisation ont notamment été faits dernièrement afin de limiter la «surproduction», rappelle M. Gros-Louis. 

Une éleveuse de teckels de Saint-Mathias-sur-Richelieu, Sylvie Lamoureux, abonde dans le même sens. «J’ai peur que les refuges explosent. J’espère juste que ces beaux animaux-là qui ont été achetés pendant la pandémie ne se retrouvent pas en refuge parce qu’il va y en avoir beaucoup trop». 

Trouver le bon «match»

Question d’éviter de voir ses locaux se remplir, la SPA de Québec s’affaire à mettre en place un programme en 2021 pour «faire de meilleurs matchs» entre les familles et les animaux disponibles à l’adoption. 

«On essaie d’amener les gens à réaliser qu’ils ne sont peut-être pas le bon foyer pour l’animal», explique le directeur général de l’organisme, Félix Tremblay. 

Retours des «chiots COVID»

Cette vague d’abandon des «chiots COVID» commence d’ailleurs déjà à se faire sentir à la SPA Beauce-Etchemin, affirme la directrice générale, Brigit Hamel.  

Au cours des derniers jours, elle dit avoir reçu plusieurs appels de propriétaires de chiens, qui souhaitent se départir de leur animal, après avoir réalisé qu’il ne «convient» pas à la famille