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Pas de hausse de suicides malgré la pandémie

Santé mentale - Homme triste, dépression
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Il n’y aurait eu aucune hausse du nombre de suicides en 2020 au Québec malgré la pandémie de COVID-19 et les consignes sanitaires pour l’endiguer, selon certaines données préliminaires des autorités québécoises.

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«Plusieurs facteurs de protection pourraient expliquer le fait qu’on ne constaterait pas d’augmentation des suicides pendant la pandémie, malgré l’accentuation de facteurs de risque associés au suicide, notamment l’isolement, le stress et l’anxiété. La capacité de la population à s’adapter aux mesures sanitaires, l’appel massif de la population à se tourner vers les ressources d’aide et l’espoir — car on sait qu’il y aura éventuellement une fin à la pandémie — ont certainement contribué à adoucir les facteurs de risque», a affirmé le directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), Jérôme Gaudreault, par communiqué lundi.

L'AQPS, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Bureau du coroner, qui ont dévoilé ces données, ont mentionné qu’il «est cependant prématuré de tirer des conclusions définitives, puisque 75% des investigations des coroners pour 2020 sont encore en cours à ce jour».

Écoutez l'entrevue de Pierre Nantel avec Jérôme Gaudreault, directeur général de l'AQPS, sur QUB radio: 

Légère baisse des suicides en 2018

Le nombre de suicides a légèrement diminué en 2018 par rapport à l’année précédente, selon les plus récentes données des autorités québécoises, révélées lundi.

L'AQPS, l'INSPQ et le Bureau du coroner ont affirmé qu’il y a eu quatre suicides de moins en 2018, pour un total de 1054 dans la province.

«Par le fait même, la tendance des dernières années se confirme, à l'effet que le taux de mortalité par suicide se stabilise dans la majorité des groupes d'âge. Chez les hommes ayant entre 35 et 49 ans, une légère baisse est observée. C'est encore chez les 50-64 ans, tant pour les hommes que pour les femmes, que s'observent les taux les plus prononcés», ont affirmé ces organisations par communiqué, lundi.

Le nombre de suicides est resté trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes en 2018.

Ces trois organisations misent sur plus de prévention pour faire fléchir le nombre de suicides.

«Le fait que le taux de suicide poursuit sa légère descente est en soi une bonne nouvelle, mais il n'en reste pas moins qu'en moyenne, trois personnes par jour meurent par suicide, c'est un nombre trop élevé», a précisé Jérôme Gaudreault, directeur général de l'AQPS.

Les hospitalisations demeurent élevées

Malgré une «minime diminution» en 2019, les hospitalisations liées à des tentatives de suicide restent toutefois très préoccupantes parce qu’elles sont en augmentation depuis 10 ans. Ce phénomène touche particulièrement les femmes de 15 à 19 ans, dont le nombre de cas a doublé depuis une dizaine d’années.

En 2019, 3600 personnes ont été hospitalisées pour des tentatives de suicide au Québec.

L’alcool est souvent associé au suicide, un suicide sur cinq révélant un taux d'alcoolémie dans le sang qui dépasse le seuil des 80 mg d'alcool. Ce phénomène est observé tant chez les hommes que chez les femmes.

«Ces données relatives à l'alcoolémie viennent confirmer ce que nous savions déjà, à savoir qu'il est possible que l'alcool accentue l'impulsivité pouvant mener à un décès par suicide, en plus d'exacerber les effets d'autres substances prises de manière concomitante ou de pousser à utiliser des moyens plus létaux», a précisé Jérôme Gaudreault, directeur général de l'AQPS.

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