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Le Canada aurait pu être déjà prêt à fabriquer des doses

Un expert déplore que la production locale ne débutera pas avant la fin de l’année

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Ottawa construit une nouvelle usine pour produire des vaccins, alors que l’entreprise voisine, PnuVax, pourrait le faire pour une fraction du prix, selon son PDG, le Dr Donald Gerson, qui a repris les installations de AstraZeneca.

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OTTAWA | Le Canada pourrait déjà produire des vaccins contre la COVID-19 si le gouvernement avait choisi d’investir dans les usines pharmaceutiques existantes plutôt que d’en construire de nouvelles.

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« C’est une honte, gronde le Dr Donald Gerson. Ils mettent 170 millions $ juste de l’autre côté de notre stationnement pour construire une usine de zéro, alors que nous pourrions faire le travail pour une fraction de cet argent. »

M. Gerson est PDG de PnuVax, une entreprise pharmaceutique installée dans les anciens locaux de AstraZeneca, à Montréal. L’usine est voisine du Centre national de recherche du Canada (CNRC), où le fédéral a lancé la construction d’une nouvelle usine, l’été dernier.

Mardi, Ottawa a annoncé s’être entendu avec la compagnie américaine Novavax pour qu’elle autorise le CNRC à produire son vaccin contre la COVID-19, lorsqu’il sera approuvé par Santé Canada.

La production ne pourra toutefois pas commencer avant la fin de l’année, a indiqué le ministre de l’Innovation François-Philippe Champagne.

Une autre usine à Saskatoon devrait être prête au même moment, et une autre à Vancouver se joindra à l’effort national en 2023. D’ici là, le Canada continuera de dépendre entièrement des importations. 

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Des médecins inquiets

« Nous avons besoin de vaccins dans les bras des Canadiens bien avant ça », s’inquiète la présidente de l’Association médicale du Canada, la Dre Ann Collins, peu impressionnée par le fédéral.

Elle doute que le gouvernement parvienne à immuniser les personnes les plus à risque, y compris les soignants en première ligne, d’ici mars, puis tous les Canadiens qui le souhaitent d’ici septembre.

Le gouvernement n’a pas changé cet échéancier de vaccination annoncé en décembre, bien que le Canada ait reçu beaucoup moins de doses que prévu depuis.

« Les médecins à travers le pays sont fatigués et inquiets. Ils ont besoin de garanties que les vaccins vont être livrés le plus vite possible », plaide la Dre Collins, appelant Ottawa à faire preuve de clarté et d’honnêteté dans ses communications.

De l’expérience gaspillée

Le Dr Gerson n’a aucun doute que son usine aurait pu offrir ces garanties dès l’été dernier si le gouvernement avait accepté, en mars, son offre de produire et de développer des vaccins localement.

Le scientifique n’en est pas à sa première crise en carrière. Il a par exemple supervisé en urgence la production de 350 millions de doses de vaccin contre la variole en seulement deux ans pour le gouvernement américain.

Entre 1987 et 1992, il a également été vice-président de Connaught Laboratories, qui fabriquait à l’époque 80 % des vaccins des Canadiens.

Aujourd’hui, il travaille au développement d’une immunisation contre la pneumonie, mais avec une bourse de la Fondation Bill et Melinda Gates, car Ottawa n’a montré aucun intérêt pour ses recherches.

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