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La pandémie nous apprend que le sexe est politique

Finger of woman pushing heart icon on screen in mobile smartphone application. Online dating app, valentine's day concept.
Photo Adobe Stock

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Avant la COVID-19, nous pouvions penser que nos rencontres sexuelles ne concernaient que nous. Plus maintenant. Et c’est tant mieux, au fond.

Quand même une personne respirant librement peut en mettre d’autres en danger, on comprend mieux que jamais l’adage qui dit que «tout est politique» – puissant moteur d’engagement.

UNE QUESTION PLUS VIVE CHEZ LES GAIS

Dans un groupe Facebook humoristique à propos de choses vues sur les applis de rencontre, le débat fait rage: pour ou contre le dating en contexte covidien? La question est posée sur ces mêmes applis par les nombreux profils nommés «StayAtHome». 

La règle permettant de recevoir une personne chez soi quand on habite seul est évoquée, mais certains oublient vite la partie mentionnant que ce devrait toujours être la même.

Cette question se pose pour tout le monde, mais plus vivement chez les gais. 

RÉACTIONS ALLERGIQUES AUX BLÂMES

Pourquoi? Parce qu’ils ont développé une allergie aux reproches à ce propos. Parce qu’ils se sont habitués à se demander s’il n’y avait pas de l’homophobie cachée derrière toute condamnation de leurs choix amoureux.

Les plus vieux d’entre eux, ceux que les lois ont restreints dans leur vie amoureuse, réagiraient plus fortement s’ils ne «dataient» pas déjà moins que les jeunes, et s’ils n’étaient pas les plus à risque d’impacts majeurs de la COVID. Les jeunes réagissent en proportion des limitations et des blâmes auxquels ils ont été exposés. 

Ceux qui «dataient» beaucoup s’adaptent plus difficilement. Et le slutshaming – cette triste tendance à juger négativement ceux qui ont de nombreux partenaires sexuels – trouve de nouvelles armes.

VERS UN ÉGOÏSME ÉTHIQUE

Moi qui demande qu’on m’appelle «Docteur Débat», j’apprécierais ces échanges s’ils étaient faits sur un ton éthique plutôt que moralisateur. La démocratie est un équilibre d’égoïsmes toujours renégocié. Donc, le mal n’existe pas. 

L’illégalité, oui. Mais, actuellement, les lois changent souvent, et on peut en discuter. Tout le monde refuse le meurtre, mais la mesure dans laquelle «dater» un inconnu revient à tuer sa grand-mère reste indéterminée. 

Dans le doute, mieux vaut s’abstenir? Même si, médicalement, je dois le recommander, j’en appelle surtout à la réduction des méfaits, comme dans l’approche utilisée pour les drogues, qui vise l’arrêt, mais fait plus souvent du damage control

LE [SEUL] BON CÔTÉ DE LA COVID

Le plus grand bien pour le plus grand nombre est le résultat d’un calcul collectif. Atteindre des cibles est moins important que se rapprocher de l’idéal. Encore faut-il commencer par s’entendre sur son existence, puis sur la pertinence d’en débattre pour le trouver et se diriger vers lui. La COVID semble nous en avoir convaincus. 

Et c’est tant mieux, au fond.

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