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Le choc du retour à la normale à la Maison-Blanche

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Il faudra un bout de temps pour se réhabituer à une présidence qui ne vogue pas de crise en crise et ne prend pas toute la place dans l’environnement médiatique.

Ceux et celles qui ne suivent la politique américaine que depuis quatre ou cinq ans doivent commencer à se demander ce qui se passe. 

Que fait le président ? Pourquoi n’en entend-on pas parler constamment ? Qu’est-il arrivé au cirque qui mobilisait l’attention jour et nuit ? 

En fait, le nouveau président est très actif depuis son arrivée, mais le fonctionnement de la Maison-Blanche a tout simplement repris son cours normal.

Finie, l’insomnie en attente du prochain tweet. Finis, les discours présidentiels bourrés d’insultes, de mensonges et de rodomontades. 

La porte-parole du président rencontre maintenant la presse quotidiennement pour fournir des informations qui concordent avec les faits et pour répondre aux questions sans faux-fuyants, contrairement à ses prédécesseurs, qui restaient muets pendant des mois ou servaient un mélange de pablum insipide et de mensonges éhontés.

Les conférences de presse de l’équipe de lutte à la COVID sont du même ordre, car les politiciens ne s’y produisent plus en spectacle et laissent la place aux scientifiques, qui sont désormais libres de laisser parler la science. 

Une activité intense

Tout cela ne signifie pas que l’équipe Biden reste passive. Au contraire, elle multiplie les actions exécutives, dont plusieurs renversent les décrets les plus controversés de Trump, et son travail ordonné de reconstruction contraste avec le chaos de l’administration précédente.

Qu’il s’agisse de réintégrer l’accord de Paris sur le climat, de combattre la discrimination, de restaurer l’éthique parmi les employés de l’exécutif ou de lutter sérieusement contre la COVID-19, l’Administration Biden ne chôme pas.

En plus des décrets, Biden doit veiller à tirer un maximum du Congrès. Comme il ne dispose pas des 60 sénateurs requis pour surmonter le filibuster, il devra choisir soigneusement les lois qui méritent la procédure exceptionnelle de réconciliation budgétaire, disponible une fois l’an. 

Si Biden semble discret en public, c’est qu’il passe énormément de temps à négocier avec ses anciens collègues du Sénat, car il sait très bien que rien ne peut avancer à Washington sans compromis entre les partis.

Enfin tranquilles 

Ça fait changement de Trump, qui excellait dans l’art de stimuler les conflits et de monopoliser toute l’attention sur sa personne.

Son départ de Washington et son éclipse des réseaux sociaux compliquent la tâche des chroniqueurs, qui ne manquaient jamais de contenu devant les scandales et les mensonges de Trump. Mais le cirque n’est pas entièrement fini. Le procès en destitution s’en vient et la guerre civile entre républicains durera tant que le parti ne se sera pas débarrassé de l’hypothèque trumpiste.

Donald Trump s’est longtemps moqué de « Sleepy Joe » Biden. Pourtant, même si Biden ne monopolise pas constamment l’attention et que sa présidence est moins trépidante que celle de son prédécesseur, on peut enfin dormir tranquilles.