/opinion/columnists
Navigation

Nous, les Blancs

Coup d'oeil sur cet article

Je crois que la première fois de ma vie où il m’est arrivé d’entendre l’expression « Vous, les Blancs », c’était en Afrique. Le Noir qui me parlait, dans une langue raffinée qui ferait envie à bon nombre de Québécois francophones, ne voulait pas m’insulter. Nous échangions sur les mentalités en tentant d’éviter les stéréotypes et les lieux communs. En fait, nous parlions de différences culturelles. 

Et voilà que quelques décennies plus tard, l’expression « Vous, les Blancs » est devenue pour des militants antiracistes la façon simple et directe de nous insulter et surtout de nous culpabiliser en tant que responsables de tous les crimes de la terre.

L’expression signifie que nous, Blancs colonialistes, avons détruit la culture des Noirs, que nous les avons dominés, soumis et avons exploité leurs pays. En d’autres mots, rien de bien n’est advenu dans la culture occidentale, porteuse de la démocratie, grâce aux Blancs. 

Que l’on accuse de colonialisme certains pays européens, cela va de soi. Au Canada, les autochtones nous reprochent d’avoir pratiqué un racisme systémique à leur endroit à cause, en particulier, de l’infamante loi canadienne sur les Indiens. Ils ont raison. 

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

Traités

Cependant, au Québec, au siècle dernier, les autorités québécoises se sont attablées avec les représentants autochtones et ont signé des traités comme avaient fait leurs ancêtres français avant la Conquête anglaise. Le plus moderne de ces traités et le plus juste a été celui de la Paix des braves, signé en 2002 entre le gouvernement Landry et le grand chef des Cris, Ted Moses. Lors de la mort de Bernard Landry, en 2018, Ted Moses lui a rendu hommage en le qualifiant de « frère ».

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

L’expression « Vous, les Blancs » que nous lancent à la tête les militants qui se disent antiracistes est à la fois intolérable et profondément méprisante.

L’histoire ne peut pas être réécrite comme un roman de science-fiction. Les Québécois comme société ne sont pas des racistes. Des Québécois racistes existent, certes, mais leur haine à l’endroit des gens de couleur ne trouve guère que des tribunes anonymes sur les réseaux sociaux. Leur discours est socialement intolérable et les autorités politiques n’arrêtent pas de le dénoncer avec la plus grande fermeté.

Nous ne sommes pas des Blancs et des Noirs. Nous sommes des Québécois. Ce n’est pas là un vœu pieux, mais une réalité. Nous, les Blancs, vomissons les racistes. Aucun parti d’extrême droite ne pourrait d’ailleurs se retrouver à l’Assemblée nationale. 

Sabotage

La gauche radicale s’est perdue en devenant l’alliée des plus radicaux des antiracistes woke, qui sont en train de saboter les institutions d’enseignement et les institutions culturelles et médiatiques. Sa manière d’investir des lieux et d’y imposer sa loi doit être dénoncée.

Il n’y a pas d’avenir pour les extrêmes au Québec. Il n’y a pas d’avenir pour les intolérants, quels que soient leur couleur, leur sexe ou leur religion. Qu’est-ce que la culture blanche au Québec ? Quelle est la culture des Noirs québécois ?

C’est le multiculturalisme canadien woke qui nous renvoie chacun à notre clan, notre religion, notre couleur et notre sexe. Le Québec est une nation distincte en train d’être contaminée par ces idées qui mettent en danger ses valeurs collectives inspirées de l’humanisme.