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Ottawa appelé à investir davantage dans les vaccins

Des pharmaceutiques d’ici déplorent le manque de leadership du gouvernement

Medicago-Medicago d-bute les essais cliniques de Phase I pour so
Photo d'archives Une volontaire se fait vacciner dans la première phase des essais cliniques visant à déterminer l’efficacité du produit de Medicago. L’entreprise québécoise a récolté la part du lion de l’investissement fédéral avec un appui de 173 M$ annoncé en octobre.

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OTTAWA | Deux pharmaceutiques d’ici critiquent le manque de soutien d’Ottawa pour le développement de vaccins canadiens contre la COVID-19 au moment où les livraisons de doses arrivent au compte-gouttes de l’étranger.

« Il y a un réel manque de leadership de la part du gouvernement fédéral », déplore le Dr John Lewis, professeur au département d’oncologie de l’Université de l’Alberta et PDG de Entos Pharmaceuticals, une entreprise basée à Edmonton. 

Celle-ci est spécialisée dans les traitements contre le cancer, tout comme BioNTech, la start-up allemande qui s’est alliée à Pfizer pour créer le tout premier vaccin approuvé pour lutter contre la COVID-19.

Entos a sollicité 48 millions $ d’Ottawa en mars pour développer deux candidats vaccins. Au même moment, une autre pharmaceutique basée à Toronto, Providence Therapeutics, demandait, elle, 35 millions $ pour mettre au point un vaccin à mRNA similaire à ceux de Pfizer et de Moderna.

Mais Entos et Providence n’ont, eux, respectivement que cinq et huit millions $ du fédéral. Quatre autres pharmaceutiques, dont les québécoises Glycovax Pharma et Biodextris, ont obtenu des sommes similaires.

Loin derrière Washington

En novembre, le Canada avait consacré 721 millions $ aux mesures de soutien destinées à la recherche médicale et au développement de vaccins d’après les données compilées par le Directeur parlementaire du budget. Il s’agit d’une minuscule fraction des 225 milliards $ dépensés pour faire face à la pandémie. 

En comparaison, à l’été, le gouvernement américain avait déjà investi plus de 10 milliards $ dans le développement de vaccins.

« Si nous avions eu le soutien dont nous avions besoin au printemps, nous serions sur le point de livrer une solution aux Canadiens », indique le directeur scientifique de Providence Therapeutics, le Dr Piyush Patel.

Au lieu de cela, il a commencé à tester son vaccin sur des volontaires il y a seulement une semaine et espère en avoir démontré l’efficacité d’ici la fin de l’année.

Pas trop tard

Le cabinet du ministre de l’Innovation, François-Philippe Champagne, assure que « chaque entreprise qui a fait une soumission a été examinée par nos groupes de travail composés d’experts scientifiques et industriels de premier plan ».

« Nous continuerons à faire d’importants investissements dans des vaccins et des candidats thérapeutiques canadiens prometteurs », indique le porte-parole John Power.

Le Dr Lewis souligne qu’il n’est pas trop tard pour investir massivement et se protéger ainsi des mesures protectionnistes des autres pays, d’autant plus que l’émergence de nouvelles variantes du virus risque de forcer les fabricants à revoir la formule de leurs vaccins, prévient-il.