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Usine à chiots démantelée

La propriétaire vendait des animaux souvent malades partout dans la province

Saisie de chiens - St-Christophe d'Arthabaska
Photo courtoisie, SPA Arthabaska

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La SPA d’Arthabaska a mis un terme aux opérations d’une usine à chiots, où 300 animaux mal en point ont été pris en charge par les autorités. Certains étaient déjà décédés.

« Ce ne sont pas des chiens qui ont vu grand-chose et qui ont été stimulés. Ils vont avoir des besoins particuliers », affirme la directrice générale de la Société protectrice des animaux d’Arthabaska (SPAA), Gabrielle Monfette.

Vendredi, les employés de la SPAA sont intervenus dans un élevage de « reproduction massive » de deux races, soit des shetlands et des colleys, situé sur le 7e Rang à Saint-Christophe-d’Arthabaska, près de Victoriaville.

L’opération, qui a nécessité une vingtaine d’employés, s’est déroulée sur plus de douze heures.

Au total, ils ont saisi 230 chiens et 70 chats lors du démantèlement de ce « réseau d’envergure » dont les animaux étaient vendus aux quatre coins du Québec. Les bêtes sont présentement soignées et amorcent une « réhabilitation », indique Mme Monfette.

Selon Mme Monfette, les animaux étaient « très craintifs ». « Ce sont des animaux qui auraient eu toutes les raisons d’être agressifs, mais ce n’est pas le cas. Personne ne s’est fait mordre ou grafigner », indique-t-elle.

« Ils ont un long chemin à faire avant de se faire adopter », poursuit-elle.

Insalubrité

Le Journal rapportait d’ailleurs en fin de semaine dernière l’état insalubre de cet élevage.

« L’hygiène des lieux était interreliée avec l’hygiène des animaux, ce n’était vraiment pas adéquat et très amplement suffisant pour nous permettre de les sortir de cet environnement », souligne Mme Monfette, qui ne peut donner tous les détails de l’opération en raison du processus judiciaire en cours.

Chien devenu aveugle

Ce démantèlement est un soulagement pour Jacqueline Gauthier, qui a été forcée de rendre son chien aveugle en raison d’un virus qui a infecté ses deux yeux.

Jacqueline Gauthier a acheté en août un chien de cette usine à chiots qui a été démantelée vendredi à Saint-Christophe-d’Arthabaska. Elle a dépensé plus de 15 000 $ pour le soigner et a dû se résigner à lui faire enlever les deux yeux en raison d’infections.
Photo Stevens Leblanc
Jacqueline Gauthier a acheté en août un chien de cette usine à chiots qui a été démantelée vendredi à Saint-Christophe-d’Arthabaska. Elle a dépensé plus de 15 000 $ pour le soigner et a dû se résigner à lui faire enlever les deux yeux en raison d’infections.

« J’ai tout fait pour essayer de le sauver. Je me couchais tard, je me levais la nuit pour lui donner ses médicaments, mais je n’ai pas réussi », dit-elle, en larmes au bout du fil.

« J’ai vu plusieurs vétérinaires qui m’ont dit qu’il aurait sûrement attrapé ça là-bas [à l’usine à chiots] », dit-elle.

« Ce n’était pas propre. Ça sentait l’urine et il y avait des toiles d’araignées partout », raconte Mme Gauthier.

Du sang dans ses selles

C’est en août dernier qu’elle s’est rendue à Saint-Christophe-d’Arthabaska pour y chercher Charli. Sans le savoir, son chiot était toutefois grandement malade.

« En arrivant à la maison, il avait du sang dans ses selles. Il a dû être hospitalisé une semaine pour une gastroentérite sévère. Il a failli mourir », raconte la résidente de Québec.

Encore très peinée par l’état de santé de son chien, un Shetland de 7 mois, Mme Gauthier estime que la propriétaire de cette usine à chiots « ne méritait pas d’avoir d’animaux ».