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Peu d'acquis en cuisine, malgré la pandémie

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Malgré les pénuries de farine et l'engouement pour les recettes de pain fait maison au printemps, force est de constater que les Québécois n'ont guère mis leur temps de confinement à profit pour s'améliorer en cuisine, indique une étude de l'Université Dalhousie publiée mercredi. 

Selon ce coup de sonde, à peine 37,2% des Québécois ont pris le temps d'apprendre une nouvelle recette depuis mars 2020. Il s'agit du taux le plus élevé au pays, mais ce dernier a quand même surpris les chercheurs par sa faiblesse.

Il faut dire que, pour les besoins de l'étude, la définition d'une recette a été ramenée à sa plus simple expression: un repas ou une pâtisserie composé d'au moins trois ingrédients et réalisé en au moins trois étapes, que ce soit en suivant une recette dirigée ou de façon autodidacte.

«On y est allés de façon très ouverte, en s'attendant à des taux très élevés», a expliqué le directeur du laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, en entrevue avec l'Agence QMI.

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Or, malgré cette définition très large, les Québécois ne connaissent que 6,6 recettes en moyenne, contre 6,1 avant le début de la pandémie. Il s'agit d'un taux équivalent à la moyenne nationale, établie à 6,7 recettes par personne au moment de réaliser l'étude, en janvier.

À l'échelle nationale, à peine un peu plus de la moitié des Canadiens (51,1%) affirment connaître plus de 10 recettes, tandis que 7% de la population admet n'en connaître aucune.

Il s'agit de chiffres quelque peu inquiétants, reconnaît Sylvain Charlebois. «Je m'attendais à un meilleur résultat. C'est un peu décevant. On parle tellement de cuisine et les cuisines sont au cœur de nos maisons. Je m'attendais à des résultats plus relevés.»

Peu motivés

Bien que les Québécois aient été les plus portés à parfaire leurs connaissances en matière de cuisine, ils figurent aussi parmi les moins motivés à passer du temps en cuisine.

Au total, 71,5% des habitants de la Belle Province soutiennent avoir cuisiné la plupart (46,2%) ou tous (25,3%) leurs repas pendant la pandémie. En comparaison, 80,2% des Canadiens assurent avoir cuisiné la plupart (55,9%) ou tous (24,3%) leurs repas.

«Si les Canadiens et les Québécois ont passé plus de temps en cuisine, ils n'ont pas appris grand-chose au cours des 10 derniers mois», a résumé M. Charlebois.

Nombre moyen de recettes connues, par province, avant la pandémie et maintenant  

- Colombie-Britannique: 5,7 /// 6,3 (+0,6)

- Alberta: 6,4 /// 7 (+0,6)

- Saskatchewan: 7,3 /// 7,5 (+0,2)

- Manitoba: 7,4 /// 7,7 (+0,3)

- Ontario: 6 /// 6.5 (+0,5)

- Québec: 6,1 /// 6,6 (+0,5)

- Nouveau-Brunswick: 6,5 /// 7,3 (+0,8)

- Nouvelle-Écosse: 7,7 /// 7,5 (-0,2)

- Île-du-Prince-Édouard: 5,7 /// 5,8 (+0,1)

- Terre-Neuve-et-Labrador: 6,5 /// 7,1 (+0,6)

- Canada: 6,2 /// 6,7 (+0,5)