/opinion/columnists
Navigation

Déjà des bâtons dans les roues de Biden

Coup d'oeil sur cet article

Le président Biden tient à utiliser toute la mince marge de manœuvre dont il dispose pour mettre en œuvre son programme, mais les républicains ferment déjà la porte à toute collaboration.

Si ses deux premières semaines en poste ont été bonnes pour Joe Biden, qui a expédié rapidement par décret un grand nombre de dossiers, le combat budgétaire qu’il mène au Congrès sera déterminant pour sa présidence. 

Déjà, il est clair que la trêve partisane que Biden appelait de ses vœux en campagne électorale ne fait pas partie des plans des républicains, qui ne montrent aucun signe de vouloir tourner la page sur l’atmosphère de confrontation de l’ère Trump.

Un schisme profond

Le plan Biden pour vaincre la COVID-19 et remettre l’économie sur les rails exige des sommes astronomiques. 

Le président insiste pour débloquer 1900 milliards de dollars afin de distribuer 2000 dollars à chaque famille à revenu moyen ou faible, de fournir l’aide financière dont les États ont besoin pour lutter contre la COVID-19, d’assurer le succès de la vaccination et d’éviter une dépression économique dévastatrice. 

Les républicains, qui semblent avoir renoué soudainement avec le conservatisme fiscal, ne veulent rien savoir de dépenser plus de 600 milliards de dollars. 

Bref, on se dirige tout droit vers une impasse.

Hypocrisie et leçons du passé

Joe Biden sait qu’il est dans son intérêt et, surtout, dans l’intérêt des législateurs démocrates les plus vulnérables de donner un vernis de bipartisme à des efforts budgétaires d’une telle ampleur. 

Il sait aussi que la préoccupation des républicains pour le déficit n’est que pure hypocrisie, puisque tout récemment ils étaient prêts à signer n’importe quel chèque en blanc pour que Donald Trump puisse réduire les impôts des millionnaires et distribuer des faveurs à tout vent.

Sans surprise, les républicains n’en démordront pas et insisteront pour couper les ailes de l’administration Biden en se présentant comme les champions de la rectitude fiscale.

Biden ne répétera probablement pas l’erreur qu’avait faite Obama, en 2009, en insistant pour engager l’opposition républicaine dans son plan de relance, pour aboutir avec un plan affaibli que les républicains avaient quand même refusé d’endosser.

Gouverne vs guerre partisane

Le combat budgétaire actuel permet de constater la différence fondamentale entre les deux partis. 

D’une part, les démocrates cherchent à mobiliser les ressources de l’État pour trouver les meilleures solutions de gouverne possible, tout en favorisant l’esprit de compromis à la base des institutions américaines. Les républicains semblent toutefois coincés dans la logique de recherche du pouvoir à tout prix qui les anime depuis longtemps, mais dans laquelle le trumpisme les a littéralement enfermés.

En fermant la porte au compromis, les républicains comptent faire porter aux démocrates l’odieux des divisions partisanes et ils se sentiront d’autant plus justifiés de se cantonner dans leurs positions et d’éviter de destituer Donald Trump, même s’il porte une large part de la responsabilité pour l’invasion meurtrière du Congrès, le 6 janvier dernier.