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Dossier Camara: une arrestation trop rapide, selon l’avocat de la défense

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L’avocat de Mamadi Fara Camara est catégorique: l’arrestation de son client s’est déroulée beaucoup trop rapidement. 

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«Est-ce que c’est parce que c’est un agent de police [et] on voulait trouver rapidement un suspect? Il y a plusieurs hypothèses qui peuvent être mises de l’avant, mais ce qu’on peut comprendre, c’est qu’effectivement, l’enquête a été beaucoup trop rapide», raconte Me Cédric Materne en entrevue sur les ondes de LCN.

Selon lui, d’autres éléments de preuve auraient dû être recueillis avant que l’on procède à une arrestation dans cette affaire.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) s’est défendu jeudi après-midi, plaidant notamment la complexité de l’enquête. Un argument que n’achète pas forcément l’avocat de la défense.

«Il y a plusieurs preuves qui nous ont été remises le mardi matin et à la face même de la preuve [...] assez rapidement, on a compris que ce n’était pas lui qui était la personne que les policiers recherchaient», explique Cédric Materne.

La problématique majeure dans cette affaire demeure l’identification du suspect, selon l’avocat.

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«Il y a eu plusieurs témoins qui ont donné des détails qui s’en allaient dans une autre direction que celle de M. Camara. Mais ça a pris quand même six jours avant qu’on en arrive à la décision qu’il y a eu hier au DPCP», indique-t-il.

Par ailleurs, Me Cédric Materne a fait savoir que son client se porte bien compte tenu des circonstances, mais qu’il a à tout le moins été «choqué par ce qui s’est passé». D’autant plus qu’il clamait son innocence depuis le tout début.

«C’est une personne qui n’a aucun antécédent judiciaire. En fait, l’innocence même de cette personne-là a été complètement bafouée», déplore M. Materne.

Malgré tout, Mamadi Fara Camara n’a toujours reçu aucune excuse de la part du SPVM ou du Directeur des poursuites criminelles ou pénales (DPCP), a fait savoir son avocat.

«Il y a des questions à se poser [...]. Pendant six jours, ce qui est arrivé, c’est que M. Camara a été littéralement dépouillé de [la] personne qu’il était et mis sur le bucher sur la place publique assez rapidement», s’insurge l’avocat.

Reste à voir maintenant si le principal intéressé fera une sortie publique pour exiger des excuses et faire le point. Ou encore s’il intentera une poursuite au civil contre le SPVM et le DPCP.