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Marjorie Greene voudrait qu’on oublie ses folies

Marjorie Taylor Greene
Photo AFP Marjorie Taylor Greene

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La majorité démocrate à la Chambre des représentants a voté l’expulsion de la républicaine Marjorie Taylor Greene des deux comités auxquels elle siège à cause de ses propos hallucinés et de ses incitations répétées à la violence politique.

Elle a tenté d’éviter l’humiliation. Avant le vote, elle a dit qu’elle regrettait ses paroles passées qui ne la représentent pas maintenant, ajoutant qu’elle a cru des choses qui n’étaient pas vraies. Mais elle ne s’est pas excusée. Elle s’est présentée en victime des médias.

Les démocrates ont décidé d’agir après que le leader républicain à la Chambre basse, Kevin McCarthy, eut refusé de démettre la controversée et détraquée représentante de la Géorgie. Elle a le soutien de la majorité des élus républicains de la Chambre basse qui l’ont ovationnée. Ils ont refusé de la réprimander par peur de s'aliéner leurs électeurs trumpistes à faible QI, ravis de voir une élue confirmer leurs croyances conspirationnistes les plus absurdes. 

Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a pourtant déclaré que ses «mensonges loufoques et ses théories du complot» en faisaient un «cancer» pour le parti. Dans les 24 heures qui ont suivi la déclaration de McConnell, Greene s'est vantée d'avoir collecté plus de 85 000$ auprès de ses électeurs géorgiens.

Les démocrates considèrent Greene comme une menace directe à leur sécurité physique. La leader démocrate Nancy Pelosi dit que «l'ennemi est à l'intérieur de la Chambre», allusion à Greene et à d'autres élus républicains pro-Trump qui ont l’habitude de siéger avec, sur eux, des armes dissimulées. Green a d’ailleurs déjà dit qu’elle approuvait l'exécution d’élus démocrates, dont Pelosi. 

Voici des thèses que défendait Marjorie Greene. Est-elle folle? Selon moi, c’est une manipulatrice machiavélique qui profite de la stupidité de ses partisans. À vous de juger.

Greene a affirmé, à plusieurs reprises, que des fusillades meurtrières dans des écoles étaient une invention du gouvernement afin de pouvoir promulguer des lois sur le contrôle des armes à feu. Faisant référence à la mort de John Kennedy Jr. dans un accident d'avion en 1999, Greene a déclaré qu'il s'agissait «d'un autre meurtre» commis par Bill et Hillary Clinton.

Elle a approuvé sans réserve QAnon, le mouvement conspirationniste lunatique qui prétend que Trump combat une sombre cabale de démocrates buveurs de sang, pédophiles et cannibales. Elle a mis en doute qu’un avion ait vraiment percuté le Pentagone le 11 septembre 2001 et a déclaré que le président Barack Obama était secrètement musulman.

En 2018, elle a dit que les incendies de forêt dévastateurs qui ont ravagé la Californie avaient été déclenchés par un rayon laser venu de l'espace contrôlé par les Rothschild, une famille de banquiers juifs. Elle a appelé «nazi» George Soros, un mégadonneur juif du parti démocrate. 

Dans une vidéo d'octobre 2020, elle a déclaré que le seul moyen, pour les Américains, de récupérer leurs libertés était «au prix du sang». Le 6 janvier, avant la prise d'assaut du Capitole par les émeutiers pro-Trump, elle a dit que les républicains allaient vivre leur «moment 1776», allusion au début de la guerre d’indépendance des États-Unis. Trump a refusé de la condamner, la félicitant même avec enthousiasme. Sa défaite va faire d’elle une martyre de la cause trumpidiote, l’argent va affluer.

Dans un geste surprenant, les élus républicains qui ont refusé de condamner Greene ont aussi maintenu dans ses fonctions Liz Cheney, la n ° 3 des républicains à la Chambre, qui a courageusement voté en faveur de la destitution de Trump. Massivement rejetée par la base du parti, elle fait face à une brutale réaction de ses électeurs du Wyoming qui réclament sa démission. 

Le parti républicain hésite donc à choisir entre deux femmes avec des vues diamétralement opposées sur l’homme à la longue cravate rouge. La bataille s’engage entre les républicains à la candeur lucide (minoritaires) et ceux à la perfidie sordide. L’avenir du parti est en jeu.