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Mort de Bony Jean-Pierre: un policier acquitté d’avoir causé la mort d’un suspect

L’agent de la police de Montréal n’a pas utilisé une force injustifiée, a conclu un juge

Bony Jean-Pierre
Photo courtoisie Bony Jean-Pierre

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Le policier qui a causé la mort d’un suspect, lors d’une opération contre des trafiquants de drogue à Montréal-Nord, n’a pas mal agi, a tranché un juge qui l’a acquitté d’homicide involontaire.

« Bien que les conséquences de cet événement demeurent incontestablement tragiques, dramatiques et catastrophiques, il n’a pas été démontré que Christian Gilbert a engagé sa responsabilité criminelle en utilisant une force injustifiée », a commenté le juge Yvan Poulin, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Le policier Christian Gilbert était présent jeudi au palais de justice de Montréal, où il a été acquitté de l’homicide involontaire d’un suspect lors d’une opération contre des trafiquants de drogue à Montréal-Nord, en mars 2016.
Photo Chantal Poirier
Le policier Christian Gilbert était présent jeudi au palais de justice de Montréal, où il a été acquitté de l’homicide involontaire d’un suspect lors d’une opération contre des trafiquants de drogue à Montréal-Nord, en mars 2016.

M. Gilbert, 51 ans, était policier pour le Groupe tactique d’intervention (GTI) de la police de Montréal en mars 2016, lors d’une opération contre des trafiquants de drogue associés aux gangs de rue d’allégeance rouge. Dany Villanueva, le frère de Fredy abattu par un policier lors d’une intervention qui a mal tourné en 2008, faisait partie des suspects.

Considérant le risque que le groupe soit armé et considérant leur dangerosité, les policiers n’avaient pas pris de risque et étaient entrés de force, avec un bélier. Or, à peine la porte défoncée, l’un des suspects, Bony Jean-Pierre, a tenté de fuir par une fenêtre.

Bony Jean-Pierre
Photo d'archives, Agence QMI

À la tête

Face à cette situation, M. Gilbert a tiré un coup de semonce avec son arme à projectiles de polymère, mais M. Jean-Pierre a continué son mouvement de fuite. 

Le policier a alors voulu immobiliser le suspect en lui tirant dans les hanches, mais dans le feu de l’action, la balle a plutôt atteint la tête.

« Avoir eu un doute de ne pas atteindre ma cible, j’aurais jamais pris le tir, a expliqué le policier au procès. À ce moment-là, je devais prendre action. »

Bony Jean-Pierre
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Blessé, M. Jean-Pierre a reçu l’assistance des policiers, dont celle de M. Gilbert lui-même. Son décès a toutefois été constaté peu après à l’hôpital.

Accusé d’homicide involontaire, M. Gilbert- a toutefois plaidé avoir agi correctement dans les circonstances. Et au terme d’un procès où l’opération a été décortiquée au peigne fin, le juge a conclu que c’était bel et bien le cas, au grand soulagement de l’accusé ainsi que de collègues présents dans la salle d’audience.

« C’est une grande satisfaction, ça met un point final [à l’affaire], a commenté son avocat, Me Louis Belleau. La mort de M. Jean-Pierre est une tragédie, mais c’est un accident. »

Bony Jean-Pierre
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Reprendre ses fonctions

Maintenant qu’il est acquitté, M. Gilbert espère réintégrer le GTI, a expliqué son avocat tout en rappelant l’importance d’être « vigilant sur les questions de profilage racial et le traitement injuste » de minorités. 

Bony Jean-Pierre
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

Mais même si cette affaire avait causé à l’époque des émeutes dans le quartier, il a rappelé que ce cas-ci n’en était pas un de profilage.

« C’était une opération contre des criminels qui faisaient du trafic », a-t-il rappelé.