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Problèmes d’eau potable de taille pour un petit village de Chaudière-Appalaches

Problèmes d’eau potable de taille pour un petit village de Chaudière-Appalaches
Photo COURTOISIE, Lise Bernier

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Les résidents d’un petit village de la région de Chaudière-Appalaches devront encore patienter avant d’avoir de l’eau potable en quantité suffisante et de cesser de la faire bouillir pour la consommer, ce qu’ils font déjà depuis des années.

La municipalité de Beaulac-Garthby, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Thetford Mines, ne peut plus puiser l’eau du lac Aylmer à proximité depuis longtemps. « Le ministère de l’Environnement [du Québec] a resserré ses normes en matière d’eau potable », a expliqué Philippe Côté, directeur général de Beaulac-Garthby, ajoutant que ça serait trop dispendieux « pour une petite municipalité de traiter l’eau du lac Aylmer, puisqu’elle est légèrement jaune/noire ».

Difficulté d'approvisionnement

Or, ne pouvant plus pomper l’eau du lac, la municipalité de 970 habitants a dû se rabattre sur l’utilisation de deux puits, dont l’apport en eau de l’un d’eux « est en constante diminution », selon un document officiel.

L’administration municipale a même dû passer une entente, en juin dernier, avec un citoyen afin d’exploiter son puits privé pour augmenter le débit de l’aqueduc du village qui dessert 164 foyers.

Le problème est tel que des citoyens ont déposé une pétition pour réclamer un meilleur service d’eau. L’instigatrice de cette pétition, Lise Bernier, est abasourdie par la situation.

« La taxation pour l’eau est passée de 639 $ en 2010 à 1392 $ cette année, juste pour l’eau! » s’est-elle exclamée. En plus de l’augmentation de taxe, il y a une restriction sur l’utilisation de l’eau. « Tout le monde était ‘’fucké’’ de voir que ça ne bougeait pas. On ne peut pas arroser nos fleurs, on ne peut pas laver notre voiture, on ne peut pas laver la maison... Eille, c’est quoi l’affaire, là », a-t-elle lancé lors d’une conversation téléphonique.

De plus, le ministère de l’Environnement et la Direction de santé publique de Chaudière-Appalaches ont émis un avis d'ébullition de l’eau à des fins de consommation, en décembre 2018. Cette recommandation est encore en vigueur à ce jour.

Pour s'en sortir, Beaulac-Garthby a bénéficié d'une subvention du ministère des Affaires municipales afin de trouver de nouvelles sources d'eau. « On a un projet de forages qui s’en vient prochainement », a indiqué Philippe Côté, mais cela pourrait prendre encore quelques années avant d’aboutir sur de nouvelles canalisations d’eau potable.

Une ordonnance qui coûtera des millions

Par ailleurs, le mois dernier, la municipalité a été forcée, sur ordre du ministère de l’Environnement, de prendre à sa charge l’exploitation d’un réseau d’aqueduc privé désuet sur son territoire.

Le réseau d’aqueduc en question existe depuis les années 1940 et dessert une quarantaine de résidences, dont quelques-unes dans la municipalité voisine de Weedon. La réfection de ce réseau est évaluée à 930 000 $ et son raccordement au réseau municipal de Beaulac-Garthby à 2 millions $, selon un rapport de la firme d’ingénierie WSP

Les citoyens desservis par ce réseau doivent aussi faire bouillir leur eau (depuis 2016).

Selon l’ordonnance du ministère, la municipalité de Beaulac-Garthby a 12 mois afin de trouver une solution définitive pour l’exploitation de ce réseau privé, et 36 mois pour la mettre en oeuvre.