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Affaire Camara: le DPCP explique sa démarche

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Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a tenté, vendredi, de justifier sa décision de porter des accusations criminelles contre Mamadi III Fara Camara en revenant chronologiquement sur les évènements qui ont mené à son arrestation, puis à sa détention pendant six jours à Montréal. 

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Accusé d’avoir désarmé et tiré sur un agent du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Mamadi III Fara Camara a finalement été libéré mercredi, à la surprise générale, après avoir vu la preuve contre lui s’écrouler.

Dans une volonté de préciser son rôle, le DPCP a fait savoir qu’en «principe, le procureur doit avoir un dossier complet lorsqu’il autorise le dépôt d’une accusation. Cependant, il n'est pas exceptionnel [...] que le procureur porte des accusations même lorsque le dossier n’est pas complet», a fait savoir le DPCP dans un communiqué.    

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 «Ce sera notamment le cas lorsqu’il est requis de le faire pour préserver la sécurité du public et s'assurer que la personne arrêtée et détenue comparaisse dans le délai maximal de 24 heures», a-t-on soutenu.

Dans cette sortie attendue, le DPCP s’est défendu en expliquant que c’est tôt le matin du 3 février que de nouveaux éléments de preuve lui ont été transmis, sans en dire plus.

«À la lumière de l’ensemble de la preuve alors disponible, le DPCP en vient à la conclusion qu’il n’est plus possible de soutenir les accusations à l’égard de monsieur Camara. En conséquence, ce même jour, un arrêt des procédures est ordonné, permettant la libération immédiate de monsieur Camara», a-t-on expliqué.

Tout a commencé le 28 janvier dernier, en fin d’après-midi, lorsque «l’agent Sanjay Vig est attaqué alors qu’il procède à la remise d’un constat pour une infraction au Code de la sécurité routière», a dit le DPCP.

«Suivant les informations obtenues de l’agent Vig et les différents éléments circonstanciels, les policiers procèdent à l’arrestation de monsieur Camara», a-t-on souligné.

Dès le lendemain, le SPVM «transmet une demande d’intenter des procédures au DPCP avec la preuve disponible à ce moment, notamment des témoignages et les informations relatives à la scène de crime. En après-midi, monsieur Camara comparait sur la base de ces éléments de preuve».

C’est la découverte d’une vidéo de surveillance du ministère des Transports du Québec qui a complètement changé la donne.

Lors de son point de presse en fin de journée jeudi, le directeur du SPVM a confirmé qu’une troisième personne se trouvait sur les lieux de l’agression de l'agent Vig, la semaine dernière, dans le quartier Parc-Extension, dans le nord de la ville.

«Étant donné qu’une enquête est toujours en cours dans ce dossier, et par respect pour le processus judiciaire, le DPCP ne formulera pas d’autres commentaires», a fait savoir le DPCP.