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Affaire Fara Camara: manifestation du quartier contre le profilage racial

Le traitement qu’a subi le résident de Parc-Extension a semé la colère et la peur

Rassemblement en soutien à Mamadi Fara Camara
Photo Pierre-Paul Poulin Une centaine de personnes se sont réunies en soutien à Mamadi III Fara Camara, hier en fin d’après-midi, devant le métro Parc, dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, à Montréal.

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Des citoyens du quartier où réside Mamadi III Fara Camara, accusé à tort d’une tentative de meurtre sur un policier, ont manifesté hier pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un autre cas de profilage racial.

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« Une fois de plus, le traitement subi par M. Camara s’inscrit dans des pratiques répétées sur des personnes noires. On l’a vu, il y a eu plusieurs autres cas ces derniers temps », a lancé Ève Torres, coordonnatrice de la Table de quartier de Parc-Extension, qui organisait l’événement.

« Justice pour Camara ! [...] La police doit être tenue responsable ! » ont scandé la centaine de personnes réunies hier en fin d’après-midi devant le métro Parc, dans l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, à Montréal.

Le rassemblement s’est déroulé à quelques kilomètres d’où l’homme de 31 ans a été arrêté par le Service de police de la Ville de Montréal, le 28 janvier, après avoir supposément blessé un policier. 

Plusieurs intervenants ont pris la parole, mais le discours de la mairesse de l’arrondissement, Giuliana Fumagalli, a été interrompu par les protestations.

« Ça fait 4 ans qu’on lui demande ce qu’elle va faire avec le profilage racial, mais elle ne fait rien », a lancé un citoyen en colère.

Injustice

Mais, pour Jean-Claude Aimé Kumuyange, du collectif Debout pour la dignité, la « colère est légitime parce que l’injustice fait toujours mal ».

Il a rappelé que l’acquittement jeudi du policier Christian Gilbert, qui a causé la mort de Bony Jean-Pierre en 2016 lors d’une opération visant à démanteler un réseau de trafiquants de drogue, ne peut qu’attiser « la peur et la colère ».

Presque au même moment hier, le chef de police de Montréal, Sylvain Caron, a disculpé M. Camara en plus de lui offrir des excuses publiques.

Mais, cette fois, « il faut aller au-delà des excuses », estime Marlihan Lopez, membre de Black Lives Matter Montréal.

« On ne peut pas continuer à mettre des band-aids sur les blessures, et ça ne va pas s’arranger juste avec une enquête. Il faut que le gouvernement pose des actions concrètes pour régler le problème. »

Couleur de peau

Et le problème, selon certains experts : l’arrestation de cet homme noir accusé à tort a des allures de profilage racial.

La couleur de peau de M. Camara a « absolument » joué un rôle dans toute cette saga, en lien avec le passé trouble – et fréquemment dénoncé – du SPVM dans son traitement des personnes racisées, tranche Anne-Marie Livingstone, chercheuse postdoctorale à l’École Munk des affaires internationales et des politiques publiques, à Toronto.

– Avec Hugo Duchaine

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