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Affaire Fara Camara: une procureure de haut calibre était responsable

Anne-Andrée Charette
Photo courtoisie La procureure, Anne-Andrée Charette

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La procureure qui a mené le dossier contre Mamadi III Fara Camara depuis le début est une grosse pointure du ministère public : Anne-Andrée Charette, procureure en chef adjointe à Montréal.

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C’est cette avocate de grande expérience qui a donné son aval aux accusations contre le chargé de laboratoire de Polytechnique le 29 janvier. C’est aussi elle qui l’a fait libérer mercredi.

Le Journal s’est entretenu brièvement avec Me Charette hier.

« Oui, je suis la procureure qui a autorisé le dossier, a-t-elle assuré. J’avais désigné une autre procureure pour faire l’enquête sur mise en liberté, mais il n’y en a pas eu. Donc gardez mon nom au dossier : c’est moi qui suis là. »

Elle a refusé d’expliquer comment elle a pris la décision d’entamer des procédures contre Mamadi III Fara Camara, puis de maintenir les accusations pendant près d’une semaine.

L’avocat de l’accusé assure qu’aucune preuve directe contre son client ne figurait dans le dossier qu’il a reçu de son bureau mardi.

« Il n’y a pas d’empreintes, d’ADN, de poudre à canon... », illustrait jeudi Me Cédric Materne en entrevue.

Le directeur reste muet

Contrairement au chef de police, le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) par intérim, Vincent Martinbeault, refuse de s’expliquer sur le dossier Camara, malgré les demandes d’éclaircissements qui fusent, de l’hôtel de ville à Ottawa.

La porte-parole du DPCP, Audrey Roy-Cloutier, a refusé la demande d’entrevue de notre Bureau d’enquête.

Dans un communiqué, elle explique que pour accuser un suspect, un procureur « doit être convaincu » de pouvoir raisonnablement le faire condamner sur la base de la preuve.

En principe, il déclenche les procédures quand l’enquête policière est complétée, mais il peut aussi le faire avant, notamment pour « préserver la sécurité du public ».

Le procureur doit rester convaincu « tout au long des procédures » que l’accusé peut être condamné, mentionne le communiqué d’hier. 

« S’il perd cette conviction, il doit arrêter les procédures. »

C’est précisément ce qui est arrivé mercredi, quand Anne-Andrée Charette a fait libérer Mamadi Camara.