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La double vie de Dave Grohl

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La dichotomie entourant Dave Grohl aura rarement été aussi forte alors que son groupe Foo Fighters dévoile Medicine at Midnight, son dixième album en carrière. 

Foo Fighters    

Photo courtoisie

★★★

Foo Fighters

Au fil des années, Grohl a été érigé bien malgré lui en figure de proue de son genre pour sa curiosité et son ouverture (il a recruté le combo hardcore canadien Fucked Up pour une série de concerts en sa compagnie, il a épaulé le chanteur folk vancouvérois Dan Mangan le temps d’une chanson, et j’en passe) ainsi que pour sa propension au don de soi lors de shows (l’épisode du fameux trône venant en tête).

Pourtant, à l’écoute de cette œuvre coiffant plus d’un quart de siècle pour le sextuor, on se demande si ce Grohl si allumé collaborerait avec Foo Fighters s’il n’était pas déjà le membre fondateur du projet tant ces derniers se cantonnent dans un rock percutant, efficace et contagieux, certes, mais aussi cruellement conservateur. 

UN PAS EN AVANT, DEUX EN ARRIÈRE

Retour en arrière...

En 2017, le collectif offre Concrete and Gold, une œuvre de bitume, de bling, d’ombre et de lumière, en réaction, notamment, à l’élection de Donald Trump l’année précédente. Le groupe y délaissait également son « rock de stade » de la dernière décennie au profit d’une direction musicale taquinant les limites de son genre de prédilection sans toutefois trop les repousser. L’année suivante, le Foo en chef annonçait une pause pour les Fighters, le temps de se ressourcer.

En résulte Medicine at Midnight, un LP expéditif et qui se prend tel un baume pour les adeptes de rock (les « na, na, na » de Making A Fire – le single d’ouverture – en témoignent), mais qui demeure aussi cruellement en surface. Outre le succès Shame, Shame déjà en circulation, on demeure dans un rock très seventies maintes fois entendu... sur des albums de Foo Fighters, justement.

Bien que personne ne s’attendait à une réinvention radicale de la part de Grohl et ses potes – « À quand les Jazz Fighters ? », ne se demande absolument personne – Medicine at Midnight s’avère tout de même prudent. Beaucoup trop, même. Surtout pour les Fighters. 

Pour les adeptes purs et durs, bref.  

DROGUE    

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★★★★

DROGUE

Véritables Travelling Wilburys en vestes de cuir, DROGUE est un collectif rock local rassemblant les vétérans Fred Fortin, Stéphane Papillon, Pierre Fortin (Les Dales Hawerchuk, notamment) et Ludwig Wax (Le Nombre). La somme de ses membres émérites donne un maxi rock n’ roll aussi carré que libidineux et frondeur. Le groupe met de l’avant The Hives comme référence dans ses communications et, ma foi, c’est en effet un chouette rapprochement. En cette ère pandémique, vive (la) DROGUE.  

Marie-Gold    

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★★★1⁄2

Règle deux

Près d’une année après avoir lancé Règle d’or, un premier album plébiscité, Marie-Gold enchaîne avec un nouveau maxi particulièrement intéressant. Sur fond de rythmiques éthérées – les amateurs de la chaîne YouTube « lofi hip hop radio - beats to relax/study to » vont apprécier —, la rappeuse revient à la charge avec une interprétation plus posée, riche en subtilités et flirtant également avec le R&B. À (re)découvrir, bref. C’est du bon.   

Gil Collin    

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★★★

L’essentiel à la flûte de pan

C’est (de plus en plus) connu, les mélomanes sont particulièrement friands de musiques apaisantes en ces temps pandémiques. D’où cette suggestion : un album de reprises (surtout locales) à la flûte de pan, gracieuseté de Gil Collin, musicien émérite qui a notamment collaboré avec Céline Dion et Roch Voisine par le passé. Pour celles et ceux qui se demandent comment sonne un cover de Belle (de Notre-Dame de Paris, évidemment) à l’instrument rendu célèbre par Zamfir, vous savez quoi faire ! Délicieusement intrigant, disons. 

Coup de coeur     

METÒ

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★★★★

Alstroemeria

C’est la mâchoire au sol – et le cœur pas trop loin de là – que j’aborde ce premier maxi de Metò, auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste folk de Québec. Inspiré par son quartier – Arvida – et par deux années à accompagner son père en fin de vie, Alstroemeria est une œuvre qui demeure pourtant riche, lumineuse et qui rivalise même avec des offrandes d’artistes majeurs tels José González ou encore Bon Iver. Un nom à retenir !