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Biodiversité: un projet immobilier suscite la grogne sur l’île Perrot

Biodiversité: un projet immobilier suscite la grogne sur l’île Perrot
Photo Courtoisie

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Les tensions sont vives à L’Île-Perrot, où un terrain appartenant à l’ancien ministre libéral Marc Lalonde sera converti en ensemble immobilier, ce qui nécessitera l’abattage d’une dizaine de chênes blancs, une espèce d’arbre extrêmement rare.

«C’est l’une des deux seules réserves de chênes blancs sur la Montérégie. C’est un arbre auquel on commence à s’intéresser à cause des changements climatiques parce qu’il est résistant à la sécheresse», a expliqué David Lemieux-Bibeau, un ingénieur forestier qui s’est joint au mouvement de contestation de citoyens de l’endroit.

Situé dans le secteur de la 64e Avenue à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, ce terrain de cinq hectares et demi est décrit par les opposants au projet comme un «hot spot» de la biodiversité, non seulement parce qu’il abrite des chênes blancs, mais également parce qu’une population de rainettes faux-grillon, un amphibien menacé d’extinction, habite à proximité.

«Notre objectif est que la municipalité adopte une résolution pour mettre sur pause le projet, parce que là, ça va trop vite», a poursuivi M. Lemieux-Bibeau.

Feu vert de la Ville

La mairesse de l’endroit a essuyé les tirs groupés des opposants lors d’une rencontre d’information, jeudi dernier. Rien toutefois pour la faire changer d'idée sur ce projet résidentiel de 17 maisons qu'elle défend bec et ongles.

«Les chênes blancs ne sont même plus considérés comme une espèce en voie de disparition depuis 2012 et on parle de seulement 10 chênes qui vont être abattus. [...] C’était un milieu qui est zoné résidentiel depuis toujours», a martelé Danie Deschênes, qui porte bien mal son nom de famille par les temps qui courent, selon certains de ses concitoyens.

La première magistrate dénonce vivement la campagne de désinformation des membres de SOS Boisé des chênes blancs, leur reprochant d’être un mouvement de «pas dans ma cour», plutôt qu’être véritablement un groupe qui a l’écologie à cœur.

Elle les accuse aussi de se servir de l’image de Marc Lalonde, acteur important de la crise d’Octobre, comme d’un épouvantail.

«Marc Lalonde a déjà proposé aux citoyens d’acheter des parties du terrain il y a une quinzaine d’années, mais personne n’en a voulu», a soutenu la mairesse Deschênes en parlant de l’ancien bras droit de Pierre Elliott Trudeau, aujourd’hui âgé de 91 ans.

Guerre de chiffres

La Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot n’a pas non plus l’intention d’acquérir ce terrain, qu’elle juge de toute façon sans grande valeur pour l’ensemble des résidents.

De plus, cela reviendrait à refiler une augmentation de taxes de 740$ par an à chaque foyer pour les 30 prochaines années, a estimé Danie Deschênes.

«C’est faux. Son calcul comprend tous les boisés de la municipalité, alors qu’il n’a jamais été question de ça. Avec les subventions du gouvernement du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal, ça reviendrait plutôt à 15$ chaque année sur 30 ans», a rétorqué David Lemieux-Bibeau.

Les travaux doivent débuter cette semaine, mais les contestataires assurent de ne pas avoir dit leur dernier mot.

Une manifestation est prévue lundi sur place. Une autre devrait avoir lieu mardi devant l’hôtel de ville.