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Le point sur la fraude alimentaire

Senior man reading food label at a grocery store
Photo Adobe Stock

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Au Canada, selon l’Institut de la biodiversité de l’Université de Guelph, en Ontario, jusqu’à 30 % des produits ne contiendraient pas ce qui est indiqué sur l’étiquette. En 2017, un sondage conduit par l’Université Dalhousie rapportait que 63 % des Canadiens étaient inquiets face aux produits mal représentés, falsifiés ou contrefaits. Le point sur le sujet !

LES DÉCLINAISONS DE LA FRAUDE ALIMENTAIRE

Un aliment ou un produit qui est faussement représenté est considéré comme de la fraude alimentaire. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) reconnaît quatre types de fraudes :

Substituer 

Un aliment ou un ingrédient est remplacé par un autre avec une qualité inférieure et souvent plus économique. Par exemple, utiliser de la viande de cheval au lieu de la viande de bœuf.

Altérer ou diluer un produit

Cela en y ajoutant des ingrédients non déclarés. Par exemple, du miel dilué avec du sirop de maïs ou de l’huile d’olive à laquelle on a ajouté de l’huile de tournesol.

Mauvais étiquetage

Par exemple, un poivron avec une étiquette biologique qui ne serait pas certifiée ou bien le poids inscrit sur l’emballage ne correspond pas au poids réel du produit.

Déclaration fausse ou trompeuse

Par exemple, « sans agents de conservation » alors que le produit en contient ou « sans sel » alors qu’il y a présence de sel dans le produit.

IMPACT DE LA FRAUDE

Si l’impact économique est évident (on paie pour quelque chose qui n’est pas conforme), il peut y avoir des enjeux de santé, notamment quand le produit ne déclare pas tous les allergènes ou quand le produit contient un contaminant (de la mélamine dans le lait, par exemple, comme ce fut le cas en Chine en 2008). 

LES PRINCIPAUX CAS TOUCHÉS  

  • Huile d’olive (parfois diluée, parfois déclarée extravierge alors qu’elle contient de l’huile de grignons)   
  • Miel (dilué avec du sirop de maïs, par exemple)   
  • Épices sèches (mélangées avec d’autres intrants : farine, amidon, sel, sable)   
  • Poisson (mauvaise origine ou mauvaise espèce)   
  • Jus de fruits (dilués avec des jus moins chers ou de l’eau)   
  • Produits biologiques (déclarés bio alors qu’ils ne le sont pas)      

MINISTÈRE DES PÊCHERIES ET DE L’ALIMENTATION

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) est responsable, entre autres, de surveiller la chaîne alimentaire pour assurer la protection des consommateurs. Pour ce faire, lors des inspections des différents établissements, il évalue les 5 M (Matière, Méthode, Main-d’œuvre, Matériel, Milieu). Dans le volet Matière, le MAPAQ s’assure que les règles d’étiquetage sont respectées notamment en vérifiant que tous les ingrédients du produit sont inscrits et en s’assurant que tous les allergènes soient bien identifiés.

PEU DE PLAINTES

Seulement 16 infractions pour fraude alimentaire ont été données par le MAPAQ entre 2018 et 2020. Toutes les non-conformités observées par le personnel inspecteur du MAPAQ dans le cadre de leurs interventions dans un établissement alimentaire ne conduisent pas obligatoirement à une condamnation, en vertu des différentes réglementations. Toutefois, des mesures sont requises de la part des exploitants afin de corriger les non-conformités. La Loi sur les produits alimentaires prévoit des amendes pouvant varier de 500 $ à 3000 $ et, en cas de récidive, de 1500 $ à 9000 $. 

PANDÉMIE ET FRAUDE ALIMENTAIRE

Malgré la pandémie, le service d’inspection, en tant que service essentiel, n’a pas interrompu ses activités de surveillance. Par contre, les établissements prioritaires ont été ciblés. Les lieux hébergeant des populations vulnérables (CHSLD, hôpitaux, résidences pour aînés) ne sont plus visités en personne. Même avec les restaurants fermés, les inspections se poursuivent pour tous ceux qui offrent des repas pour emporter et en livraison.  

LE RÔLE DU CONSOMMATEUR

Dénoncer

Tout consommateur qui soupçonne une fraude (toxi-infections alimentaires, insalubrité, présence de corps étrangers ou d’insectes dans des aliments, étiquetage, emballage) peut porter plainte directement au MAPAQ.   

Autres conseils :  

  • Acheter directement chez le producteur ;   
  • Acheter les aliments entiers (épices, café) ;   
  • Acheter des produits de qualité supérieure.      

♦ Merci à Jessica Drolet, stagiaire en nutrition, pour sa collaboration.

♦ Pour d’autres conseils : visitez isabellehuot.com