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Un procès pour l’Histoire: Trump jugé au Sénat pour l’assaut sur le Capitole

Un procès pour l’Histoire: Trump jugé au Sénat pour l’assaut sur le Capitole
Photo AFP

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Un an après un premier procès en destitution historique, Donald Trump se retrouve à nouveau mardi en position d’accusé au Sénat, dont les élus devront dire s’il a encouragé l’assaut meurtrier sur le Capitole.

Pour le condamner en son absence, il faudra un vote rassemblant les deux tiers des 100 membres du Sénat, ce qui rend probable son acquittement.

La violence de l’attaque, le 6 janvier, au moment où les élus certifiaient la victoire de Joe Biden à la présidentielle, a suscité un tel effroi que les démocrates ont réactivé la procédure de destitution, même si le mandat de Donald Trump touchait à sa fin.

Dès le 13, la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, l’a mis en accusation pour « incitation à l’insurrection », un second « impeachment » le marquant à nouveau du sceau de l’infamie, ce qui n’est arrivé à aucun autre président avant lui. Aucun non plus n’a été jugé après avoir quitté le pouvoir.

Le milliardaire républicain et ses alliés s’appuient d’ailleurs sur son départ de la Maison-Blanche, le 20 janvier, pour soutenir que le procès est contraire à la Constitution : les sénateurs peuvent, selon eux, démettre un président en exercice, mais pas juger un simple citoyen.

L’accusation démocrate rétorque qu’un ancien ministre a déjà été jugé dans ce cadre, et qu’il faut condamner Donald Trump pour le rendre inéligible et pour « dissuader les prochains présidents de provoquer des violences afin de rester au pouvoir ».

Lors du procès, ses avocats devraient concentrer l’essentiel de leurs arguments à ce débat juridique, pour éviter d’avoir à défendre les tweets et diatribes enflammées de leur client.

La plupart des sénateurs républicains devraient eux aussi s’abriter derrière cet argument pour voter l’acquittement sans avoir à se prononcer sur le fond.

« Poudrière »

Comme il y a un an, lorsqu’il fut jugé pour « abus de pouvoir » pour avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur le fils de Joe Biden, Donald Trump a toutes les chances d’éviter une condamnation. Pour qu’il soit déclaré coupable, il faudrait en effet que 17 sénateurs républicains se rallient aux 50 démocrates, ce qui paraît improbable à ce stade.

L’ancien magnat de l’immobilier a toutefois beaucoup à perdre lors du procès, qui sera retransmis en direct dans tous les États-Unis.

Même s’il garde une base de fervents partisans, l’attaque sur le Capitole a érodé sa popularité. Lui qui, à 74 ans, caresse l’idée d’une nouvelle candidature en 2024, n’a donc pas intérêt à voir l’épisode joué et rejoué dans l’enceinte du Sénat.

Or, les élus démocrates qui porteront l’accusation contre lui n’ont pas l’intention de s’en tenir au débat juridique.

Dans un document résumant leur argumentaire, ils ont donné le ton : Donald Trump « a créé une poudrière, allumé une allumette puis cherché à tirer personnellement profit du chaos qui a suivi », ont-ils écrit.

Ils devraient donc revenir longuement sur les événements qui ont ébranlé la démocratie américaine.

« De la force »

Après deux mois d’une croisade ubuesque contre le verdict des urnes, Donald Trump avait appelé ses partisans à manifester à Washington le jour où le Congrès devait enregistrer la victoire de son rival.

Se posant à nouveau, contre toute évidence, en victime de « fraudes massives », il avait lancé à la foule : « Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force ».

Quelques instants plus tard, des centaines d’hommes et de femmes forçaient l’entrée du Capitole, semant la peur et le chaos. Cinq personnes, dont un policier frappé avec un extincteur, ont perdu la vie dans l’attaque.

Il faudra plusieurs heures à Donald Trump pour demander à ses partisans de « rentrer à la maison », dans une vidéo où il leur dit aussi : « On vous aime ».

Pour rappeler l’ampleur du drame, les procureurs démocrates pourraient demander à entendre des témoins, notamment des membres des forces de l’ordre.

Mais il n’est pas certain que les sénateurs, qui devront valider mardi le cadre du procès (durée, horaires, auditions...), acceptent.

Les républicains ne veulent pas s’attarder sur cet épisode qui suscite la division en leur sein.

Et les démocrates n’ont pas intérêt non plus à faire traîner en longueur un procès qui les empêche se consacrer à leurs priorités : soutenir l’action de Joe Biden en votant ses projets de loi.