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1812 : les restes des soldats russes et français seront enterrés ensemble en Russie

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Photo d'archives, AFP

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Les restes des soldats russes et français, morts pendant la retraite en 1812 de la Grande Armée de Napoléon, qui ont été découverts en Russie deux siècles après, seront enterrés ensemble samedi, a annoncé lundi une fondation à l'origine du projet.  

Les dépouilles d'une centaine de soldats russes et français, mises au jour à Viazma, une petite ville de l'ouest de la Russie, y ont été placées lundi dans huit cercueils communs au cours d'une cérémonie organisée dans un monastère local, a constaté une journaliste de l'AFP.

La cérémonie s'est déroulée en présence de représentants de l'ambassade de France en Russie et de la Fondation pour le Développement des initiatives historiques franco-russes, à l'origine de l’opération des fouilles et de l’identification des restes effectuée en 2019. 

« Samedi, tous ces soldats russes et français, autrefois ennemis, seront enterrés ensemble, comme des amis, en présence de descendants » des participants des deux camps au conflit, a dit à l’AFP Pierre Malinowski, le président de cette Fondation.

Jusqu'à leur inhumation samedi dans un cimetière local, les dépouilles resteront dans une petite église du monastère de Jean le Précurseur, fondé en 1536 et pillé par la Grande Armée au moment de sa retraite de Russie en 1812.

Les restes ont été découverts il y a une dizaine d'années à l'occasion d'un chantier au sud-ouest de Viazma, une ville de 52 000 habitants.

« Les amateurs locaux d'histoire ont d’abord cru qu’il s’agissait d’une fosse datant de la Deuxième Guerre mondiale, mais une expertise de l’Académie russe des Sciences a établi qu’il s’agissait bien de victimes de la campagne de Napoléon, principalement âgées de 30 à 39 ans », a expliqué à l’AFP l’experte-anthropologue Tatiana Chvedtchikova.

« Grâce aux boutons des uniformes, il est devenu possible de déterminer plus précisément que certains soldats faisaient partie des 30e et 55e régiments d’infanterie de ligne et du 24e régiment d’infanterie légère de l’Armée de Napoléon », selon Mme Chvedtchikova.

« On assiste ici à un événement symbolique qui fait partie de l’histoire commune » de nos deux pays, a commenté lundi le général de brigade Ivan Martin, l'attaché militaire de l’ambassade de France à Moscou, qui a pris part à la cérémonie. Samedi, on va enterrer ces soldats « avec les honneurs qui leur sont dus », a-t-il déclaré à l'AFP.