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Super Bowl LV: «C’est extraordinaire!» - Antony Auclair

Antony Auclair célèbre la conquête du Super Bowl avec les Buccaneers

Super Bowl LV: «C’est extraordinaire!» - Antony Auclair
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Il était environ 1 h 10 dans la nuit de dimanche à lundi quand Antony Auclair a pris quelques minutes pour appeler Le Journal, toujours dans l’euphorie de la victoire face aux Chiefs. Dans une cacophonie de cris et de musique, celui qui est devenu le deuxième joueur natif du Québec à remporter le Super Bowl jubilait. « Ça brasse pas mal ici. C’est incroyable ! On est les champions du monde ! », a-t-il hurlé de joie. 

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Il faut dire qu’il n’avait pas trop le choix de s’époumoner après la victoire des Buccaneers au compte de 31-9 face aux Chiefs. Le simple fait d’entendre une question et d’y répondre dans cet indescriptible boucan relevait de l’exploit.

Le joueur de ligne offensive recrue Tristan Wirfs a complètement neutralisé  les joueurs de ligne défensive des Chiefs.
Photo AFP
Le joueur de ligne offensive recrue Tristan Wirfs a complètement neutralisé les joueurs de ligne défensive des Chiefs.

« On avait vraiment un bon plan de match. On voulait être capable de courir avec le ballon et on a réussi. La défensive a fait un travail incroyable en contenant Patrick Mahomes et en n’accordant aucun touché. C’est toute une victoire d’équipe et on va fêter ça », s’est-il réjoui.

Les Buccaneers ont effectivement été dominants au sol avec une récolte de 145 verges. Les efforts des porteurs Leonard Fournette (89 verges, 1 touché) et Ronald Jones (61 verges) ont rapporté. Tous les deux ont couru pour plus de cinq verges par portée. L’attaque au sol des Buccaneers avait pourtant bouclé la saison régulière au 28e rang.

Le vétéran quart-arrière Tom Brady a, quant à lui, lancé trois passes de touché. 

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Douce revanche

En novembre dernier, les Chiefs avaient remporté le duel du calendrier régulier entre les deux clubs. Dans cette rencontre, les Buccaneers avaient tiré de l’arrière tôt dans le match et n’avaient tenté que 12 courses.

Auclair et les siens s’attendaient pour le Super Bowl à une performance plus inspirée, avec une équipe qui a le vent dans les voiles depuis la dernière étape de la saison.

On a eu droit au duo Tom Brady - Rob Gronkowski des belles années, dimanche, alors que l’ailier rapproché a capté 6 passes pour 67 verges et 2 touchés.
Photo AFP
On a eu droit au duo Tom Brady - Rob Gronkowski des belles années, dimanche, alors que l’ailier rapproché a capté 6 passes pour 67 verges et 2 touchés.

« Je ne suis pas surpris qu’on ait gagné, même si personne ne pouvait s’attendre à un pointage comme ça. On les a affrontés cette saison et on savait que nos chances de les battre étaient bonnes. On les a attaqués de la bonne façon avec un bon plan », a réagi le Beauceron, qui est devenu le premier joueur issu du programme de football du Rouge et Or de l’Université Laval à gagner le Super Bowl.

« C’est extraordinaire ! C’est incroyable d’en arriver là après l’année difficile qu’on a dû vivre avec la COVID et tous les protocoles à respecter. On n’a pas seulement battu les Chiefs, on a battu la COVID ! C’était une année bizarre, mais c’est incroyable comment ça se termine », a-t-il réfléchi.

Le joueur recrue Antoine Winfield Jr. a été électrisant face à Tyreek Hill et les Chiefs.
Photo AFP
Le joueur recrue Antoine Winfield Jr. a été électrisant face à Tyreek Hill et les Chiefs.

Avec son frère

Dans le contexte sanitaire actuel, seulement un ami d’enfance d’Auclair ainsi que son frère Adam ont été en mesure de faire le voyage à Tampa. Au moment de l’entrevue téléphonique, les deux anciens coéquipiers chez le Rouge et Or festoyaient ensemble.

C’est en compagnie de son frère Adam que l’ailier rapproché Antony Auclair a commencé à réaliser ce qu’il vivait quand les deux ont pris la pose avec le trophée Vince-Lombardi, remis aux champions du Super Bowl.
Photo courtoisie
C’est en compagnie de son frère Adam que l’ailier rapproché Antony Auclair a commencé à réaliser ce qu’il vivait quand les deux ont pris la pose avec le trophée Vince-Lombardi, remis aux champions du Super Bowl.

« Je suis content de fêter ça avec Adam et mon chum. Ce n’est pas tout le monde qui est là comme ça aurait été le cas en temps normal, mais c’est vraiment le fun de les avoir avec moi pour vivre ce moment-là. Je me sens reconnaissant », a-t-il dit.

Auclair n’a malheureusement pas fait partie des 46 joueurs choisis pour enfiler l’uniforme pour le match. Il a fait partie de l’alignement régulier de 53 joueurs toute l’année et a bûché au même titre que les autres toute la saison à l’entraînement en plus de prendre part à huit matchs.

Les partisans des Buccaneers ont envahi les rues de Tampa Bay suite à la victoire des leurs.
Photo AFP
Les partisans des Buccaneers ont envahi les rues de Tampa Bay suite à la victoire des leurs.

L’an passé, c’est son compatriote québécois Laurent Duvernay-Tardif, garde des Chiefs de Kansas City, qui vivait l’euphorie du Super Bowl. Les deux sont des clients de l’agent montréalais Sasha Ghavami. 

Les ingrédients manquants

Le talent regorgeait déjà chez les Buccaneers malgré les insuccès des saisons passées, mais quelques ingrédients manquants ont été ajoutés pour concocter enfin la recette d’un premier championnat pour la franchise depuis 2002.

Deux touchés au Super Bowl ont été inscrits par Rob Gronkowski, qui est sorti de sa retraite pour se joindre à l’équipe durant la saison morte. Un autre a été ajouté par Antonio Brown, qui se trouvait sur la voie d’évitement jusqu’à sa mise sous contrat en octobre. Le quatrième a été l’œuvre de Leonard Fournette, libéré par les Jaguars avant la saison.

C’est sans parler du repêchage, où les Buccaneers ont frappé un coup de circuit en première ronde avec le bloqueur Tristan Wirfs. Même constat au deuxième tour avec le maraudeur Antoine Winfield.

Tous ces petits nouveaux s’ajoutaient évidemment à l’ultime nouveau visage, Tom Brady, qui a fait lever la pâte.

« Quand tu amènes un gagnant en ville et qu’il mène le bateau, ça amène toute une différence dans le vestiaire. On est revenus de l’arrière deux fois cette saison par 17 points. Les gars savent que Tom a vécu ces situations souvent et ils croient en lui. Ça a transformé notre équipe », a témoigné l’entraîneur-chef Bruce Arians, dans un point de presse lundi matin au lendemain de la victoire.

« C’était plus que jamais une saison sous le signe de l’engagement les uns envers les autres. Il fallait battre le virus avant de battre quiconque. Cette équipe est la plus unie que j’aie vue, même si on ne pouvait pas se côtoyer comme on voulait », a-t-il ajouté.

Saison idéale pour Brady

Brady, qui pour une rare fois dans sa vie semblait avoir dormi sur la corde à linge, a quant à lui mentionné que cette saison unique en son genre aura été une bonne chose.

« Avec le coronavirus et tous les protocoles, c’était comme un gros camp de football pour accros. Il n’y avait rien d’autre à faire cette saison que de se pointer au travail et de jouer au football. Normalement, il peut y avoir des distractions, mais quand vous aimez vraiment le football, c’était la saison idéale pour jouer dans la NFL parce que c’était 100 % football avec mes coéquipiers », a-t-il souri.

Les Buccaneers auront du pain sur la planche pour garder leur noyau en place. De nombreux joueurs de qualité deviennent agents libres, dont Brown, Fournette et Gronkowski, mais aussi les étoiles défensives Shaquil Barrett, Lavonte David et Ndamukong Suh.

« Il y a une question économique, mais les gars sont devenus tellement proches que parfois, les dollars ne comptent pas. On va faire en sorte que les joueurs touchent à ces dollars, car ils les ont mérités », a assuré Arians.