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Connaître l’histoire pour se reconnaître

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Il est fondamental d’apprendre sur soi et les autres quand on a sérieusement l’ambition du vivre-ensemble.

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Février 2021. Mois de l’histoire des Noirs. J’ai découvert La contribution des Noirs au Québec : quatre siècles d’une histoire partagée. Un ouvrage publié en 2012, aux Publications du Québec. Je n’en avais jamais entendu parler auparavant.

L’ouvrage de l’historien Arnaud Bessière nous parle de la contribution des Noirs au Québec et au Canada à travers de nombreux exemples. 

Cet ouvrage aura inspiré l’organisme Stratégie Carrière et sa directrice générale, Annie Jean. 

Ils ont produit une série de capsules narratives qui tournent actuellement sur différentes plateformes. 

C’est une démarche constructive que j’applaudis. Un modèle à suivre, car il participe à l’ébauche de cette mémoire historique commune qui reste à construire. 

Mémoire qui ferait naître en nous, dans la diversité et les différences, le sentiment d’appartenance à une même nation.

Contre le silence et l’amnésie

Aux propres dires de l’auteur du livre, l’histoire des Noirs au Québec a longtemps été ignorée par les historiens eux-mêmes. 

Il avait donc un défi à relever : démontrer que l’histoire des communautés noires au Québec est bien réelle et tout aussi riche, et qu’elle s’appuie sur de nombreuses sources et archives officielles ou privées. 

Pédagogie et éducation

Son livre consistait à soutenir les professeurs des cégeps désireux d’enseigner l’histoire des Noirs dans leur classe. Et pour cause, plusieurs jeunes étudiants noirs observent encore aujourd’hui que l’histoire du Québec n’est pas la leur. 

C’est parce qu’en partie, ils estiment ne connaître aucune figure historique ou contemporaine marquante à laquelle s’identifier ou, tout simplement, parce que l’histoire des communautés noires du Québec ne leur est pas enseignée. 

Ancrer les jeunes dans leur histoire tout en leur démontrant que celle des Noirs au Québec, en particulier, contrairement aux idées reçues, est loin d’être récente. Tel était l’objectif d’Arnaud Bessière.

L’importance de la connaissance de l’altérité

Il est fondamental d’apprendre sur soi et les autres quand on a sérieusement l’ambition du vivre-ensemble. 

Prenons deux individus dans le cadre d’une première rencontre sérieuse qui les engage probablement, dans un futur proche, à former un couple. Au-delà de l’attirance et du désir, le temps est monopolisé par la découverte...

Généralement, l’un veut tout savoir sur l’autre : son lieu de naissance, son enfance, son premier baiser, ses premières passions, ses échecs et ses succès, etc. On cherche à transcender les perceptions et les préjugés.

Il arrive alors qu’on est soit ému, soit déçu. Déçu, tout s’arrête là et on va chercher l’âme sœur ailleurs. Ému, l’exploration se poursuit un laps de temps.

Puis vient le temps de l’attachement, de la complicité, etc.

On finit par s’identifier à l’autre, et vice-versa. On finit par ne former qu’un... Dans la complexité.

Il devrait en être de même avec une société. 

Ainsi, diverses cultures et communautés – incluant celles des Noirs – participeraient à l’édification du Québec moderne et contribueraient à une meilleure intelligence de la différence et de sa richesse.