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La Couronne porte en appel la sentence du meurtrier Ugo Fredette

La Couronne porte en appel la sentence du meurtrier Ugo Fredette
Illustration Delf Berg, archives

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Condamné à passer au moins 25 ans derrière les barreaux, l’assassin Ugo Fredette pourrait bien voir sa peine doublée à la demande de la Couronne, si jamais la Cour suprême devait rétablir le cumul des peines pour les meurtres multiples.

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« Une période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle de 50 ans [...] est juste et appropriée et doit être imposée à [Fredette] », peut-on lire dans l’avis d’appel déposé lundi par le procureur de la Couronne, Me Steve Baribeau.

Fredette, 45 ans, a écopé en janvier dernier de la prison à vie pour les meurtres de Véronique Barbe et de Yvon Lacasse, survenus en septembre 2017.

Incapable de supporter sa rupture avec Mme Barbe, il l’avait poignardée dans la résidence familiale de Saint-Eustache, et ce, en présence d’un enfant de 6 ans. Fredette avait alors pris la fuite, lors de laquelle il s’en était pris à un aîné pour lui voler sa voiture. 

L’assassin s’était débarrassé du cadavre d’Yvon Lacasse dans un boisé des Laurentides.

Sa fuite avait pris fin en Ontario, à la suite d’un important déploiement policier.

Cumul des peines

Coupable de deux meurtres au premier degré, Fredette avait automatiquement écopé de la prison à vie. Or, il restait à déterminer la période à purger avant que Fredette puisse demander une libération conditionnelle.

À l’époque des meurtres, la loi permettait de cumuler les périodes d’inadmissi-bilité, si bien que Fredette aurait pu écoper d’au moins 50 ans à purger, plutôt que 25 années. 

Or, la Cour d’appel a invalidé cet article de loi dans l’affaire Alexandre Bissonnette, qui avait commis une tuerie à la mosquée de Québec. Face à cela, la cour n’avait pas eu d’autre choix que d’imposer 25 ans minimum à Fredette, au grand dam des proches des victimes.

« Le message que ça envoie, c’est : “Tuez-en un, deux ou trois, ça va être 25 ans”. Finalement, ce qu’on entend, c’est qu’il a eu 25 ans pour le meurtre de Véronique Barbe, et rien pour avoir tué mon père, qui est mort pour rien », avait d’ailleurs commenté Jennifer Lacasse, la fille de M. Lacasse, après la sentence.

La Couronne, dans le dossier Bissonnette, a toutefois porté cette cause en Cour suprême, en demandant de rétablir le cumul des peines dans les affaires de meurtre. 

Si jamais le plus haut tribunal du pays accepte, Me Baribeau demande à ce que le même traitement soit servi à Ugo Fredette.

Il serait toutefois étonnant qu’une décision soit rendue d’ici la fin de l’année.