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Un ex-instructeur de «GSP» aurait caché 850 000 $

L’expert en kickboxing aurait trempé dans un stratagème de blanchiment d’argent

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Photos courtoisie GRC et d'archives, Getty Images Georges St-Pierre, qu’on voit ici en plein combat en 2009, s’est entraîné dans les années 2000 avec Victor Vargotskii (en mortaise), un tireur d’élite de l’ancienne Union soviétique arrêté en octobre dernier en Argentine pour blanchiment d’argent.

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Un ex-entraîneur de kickboxing de Georges St-Pierre arrêté pour blanchiment d’argent en octobre, en Argentine, est maintenant dans la ligne de mire de Revenu Canada, qui le soupçonne d’avoir dissimulé près d’un million de dollars.

Victor Vargotskii a été l’instructeur de kickboxing de l’ancien champion mondial d’arts martiaux mixtes « GSP » au milieu des années 2000.

Il a été arrêté l’automne dernier en Amérique du Sud, après avoir fait face, au Canada, en 2019, à plusieurs chefs d’accusation en lien avec du blanchiment d’argent.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) était à ses trousses depuis qu’il s’est enfui hors du pays deux mois après une perquisition effectuée en mars 2018 à son domicile de Montréal.

La police fédérale avait alors trouvé chez lui huit téléphones cellulaires, 531 425 $ en argent liquide et 16,24 kilos de haschich.

Vargotskii aurait été impliqué dans un vaste stratagème de blanchiment d’argent qui aurait permis de faire sortir du Québec des millions de dollars provenant, entre autres, de la vente de drogue, selon l’enquête Projet Collecteur de la GRC.

Revenu Canada estime que des recours exceptionnels sont nécessaires pour récupérer les quelque 250 000 $ qu’il doit en impôts qui n’auraient pas été payés entre 2013 et 2019. Vargotskii aurait omis de déclarer 845 993 $, soit 1124 % de ses revenus connus, en six ans.

Actifs disparus

L’ancien entraîneur de St-Pierre « a la capacité de faire disparaître ses actifs rapidement, ayant fait cela depuis le début de l’enquête de la GRC », note le fisc.

À titre d’exemple, en novembre 2017, il aurait transféré sans contrepartie sa propriété de Montréal à la Fiducie Victor Vargotskii, qui avait été créée la veille.

L’année suivante, le même notaire qui avait créé cette fiducie, Me Nicholas Polyzos, se serait ensuite vu accorder une hypothèque de deuxième rang sur la propriété, rendant du coup la fiducie insolvable et réduisant « le capital disponible pour Sa Majesté [la reine du Canada] », explique la procédure.

Le fisc a indiqué avoir l’intention de s’adresser aux tribunaux pour contester cette manœuvre.

Le 10 décembre, le juge Yvan Roy, de la Cour fédérale, a accordé des moyens exceptionnels pour traiter le dossier de Vargotskii, notamment la possibilité de communiquer avec sa conjointe à Montréal, plutôt qu’avec lui.

Pas de commentaire

Contacté par notre Bureau d’enquête la semaine dernière, Georges St-Pierre s’est borné à un laconique « pas de commentaire » par texto et n’a pas voulu nous dire s’il était encore en contact avec son ex-entraîneur.

Selon le quotidien Globe and Mail, « GSP » aurait cessé de s’entraîner avec lui après sa défaite en 2007 contre Matt Serra.

Selon ce que raconte St-Pierre lui-même dans une émission de 2007 UFC All Access, Vargotskii, un natif de l’Ukraine, serait un ancien sniper des forces spéciales soviétiques.

« Après mon premier combat contre Matt Hughes [en 2006], j’ai commencé à m’entraîner avec lui. Il a changé tout mon style de jeu. Il a vécu beaucoup de choses difficiles dans sa vie », confie St-Pierre dans l’émission.

« Quand je retourne dans mon coin, j’ai plus peur de mon homme de coin que de mon opposant. Ce n’est pas normal ! » dit-il.