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Huit agents de bord d’Air Canada sur dix se retrouvent au chômage

La compagnie aérienne a annoncé mardi plus de 1500 nouvelles mises à pied

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Air Canada a annoncé hier la mise à pied de plus de 1500 travailleurs, dont 900 agents de bord. Ce sont donc 80 % de ceux-ci qui se retrouvent désormais au chômage, un sommet inégalé depuis le début de la pandémie.

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À la fin du mois, pas moins de 7800 des quelque 10 000 agents de bord d’Air Canada seront inactifs. À peine 1970 d’entre eux seront encore au travail.

Les mises à pied d’hier s’ajoutent aux 1700 que le transporteur a annoncées au début janvier. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

« Ça fait toujours mal »

« L’annonce d’une mise à pied majeure fait toujours mal. Nous sommes pour la plupart au milieu de notre vie, dans la quarantaine avec une hypothèque, des ados. C’est l’âge du gros train de vie », a confié hier au Journal une agente de bord sous le couvert de l’anonymat. 

À l’emploi d’Air Canada depuis 1998, elle en est à sa deuxième mise à pied depuis mars 2020.

Comme bien d’autres travailleurs de l’aviation, elle en a contre les nouvelles restrictions de voyage du gouvernement Trudeau. 

« Les passagers sont très bien protégés à bord de nos avions, a-t-elle soutenu. Les études démontrent qu’il y a très peu de contamination dans les avions. »

La mise à pied de 1500 travailleurs syndiqués et d’un « nombre encore indéterminé » de gestionnaires d’Air Canada découle de la décision du transporteur de suspendre 17 liaisons internationales, et ce jusqu’au 30 avril au moins. Parmi celles-ci, notons Montréal-Boston, Montréal-New York (LGA), Montréal-Bogotá, Toronto-São Paulo et Vancouver-Londres.

« Air Canada communiquera avec les clients dont les réservations sont touchées pour leur proposer diverses options, notamment des itinéraires de remplacement », a indiqué l’entreprise, sans évoquer la possibilité de remboursements.

« Notre gouvernement sera toujours là pour soutenir les travailleurs touchés par cette pandémie », a réagi hier Allison St-Jean, porte-parole du ministre des Transports, Omar Alghabra.

Plus de 1,5 milliard $

Une source fédérale anonyme a précisé que le secteur aérien avait reçu plus de 1,5 milliard $ dans le cadre de la Subvention salariale d’urgence, dont le but est de limiter les pertes d’emplois. À elle seule, Air Canada a touché environ le tiers de cette somme.

L’industrie réclame depuis des mois un soutien financier spécifique de la part d’Ottawa.

Chantal 
Grenon-Nyenhuis.
Dirigeante au SCFP
Photo courtoisie
Chantal Grenon-Nyenhuis. Dirigeante au SCFP

« Cette industrie-là est en train de mourir à petit feu. La reprise qui va s’étaler sur plusieurs années. [...] Donc pour les gens qui sont plus bas dans la liste d’ancienneté, ce sera long. Et c’est sans savoir si leur employeur va exister encore après la crise. C’est vraiment désolant », a commenté Chantal Grenon-Nyenhuis du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les agents de bord d’Air Canada. 

Les emplois ont fondu  

Air Canada  

  • Emplois avant la pandémie 33 000  
  • Emplois aujourd’hui 14 000   

Transat  

  • Emplois avant la pandémie 5100  
  • Emplois aujourd’hui 900   

WestJet  

  • Emplois avant la pandémie 14 000  
  • Emplois aujourd’hui 5600