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Des commerçants trouvent qu’ils ouvrent juste pour rien

Certains soulignent qu’on aurait pu attendre que les clients soient prêts à revenir

Jaco Uomo
Photo Julien McEvoy Jack Hallack, de la boutique Jaco Uomo, montre sa pile de commandes pour des mariages qui ont été annulés ou reportés.

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Si certains commerçants se réjouissaient, hier, de la réouverture des commerces non essentiels, d’autres n’y voient que peu d’intérêt et auraient bien attendu encore.

« Si on avait attendu un autre deux, trois semaines, j’aurais été plus content », indique Jack Hallack, propriétaire de la boutique de vêtements pour hommes Jaco Uomo, rue Saint-Hubert, à Montréal.

L’entrepreneur explique que les hommes ne se précipiteront pas pour magasiner une chemise. 

« Tout le monde est à la maison, les restaurants sont fermés, il n’y a pas de mariages, pas de galas, peut-être pas de bals de finissants », lance-t-il. 

L’annulation de tous ces événements a fait mal à l’industrie. Bref, pas de raisons de s’acheter de nouveaux habits. 

« Ça ne sert à rien d’ouvrir », laisse tomber M. Hallack. 

À quelques portes, à la boutique de vêtements NEON, on pense à peu près la même chose. 

« J’aurais attendu au moins jusqu’au 1er mars. Février est le pire mois de l’année dans le commerce de détail », soutient le propriétaire, Irving Tajfel, qui possède aussi trois autres boutiques NEON à Montréal. 

M. Tajfel ne souhaitait pas se prononcer sur les ventes anticipées. 

« On verra à la fin de la semaine si ça valait le coup, financièrement, d’ouvrir », explique celui qui a « considérablement moins d’employés » qu’avant la pandémie. 

Pas encore prêt

Du côté de la boutique Belle & Rebelle, où les artisans et créateurs québécois du secteur de la mode sont à l’honneur, la propriétaire a même décidé de rouvrir demain. 

« On n’a pas eu le temps de recevoir nos livraisons. On voulait rouvrir avec une belle boutique, pas une boutique à l’abandon », explique Anne Lespérance. 

Comme c’est un mois tranquille, elle aurait bien pris « un petit deux semaines de plus », elle aussi. Mais l’entrepreneure se réjouit d’avoir pu réembaucher son équipe de cinq personnes et de pouvoir reprendre le boulot. 

« La pause a fait du bien, on est reposées et on rouvre avec les nouveautés printanières, c’est excitant », s’exclame-t-elle. 

Très contente

Catherine 
Lecompte,
Boutique arloca
Photo Julien McEvoy
Catherine Lecompte, Boutique arloca

Contrairement à ces trois propriétaires de boutique de vêtements, Catherine Lecompte, de la Boutique arloca, où l’on trouve entre autres des bijoux et des objets de décoration fabriqués par des artisans québécois et canadiens, se réjouit. 

« Je n’ai pas ouvert une boutique pour vendre en ligne », déclare celle qui s’est lancée en affaires en avril 2019. 

Hier, au moment du passage du Journal, elle était en train de redonner vie à son magasin avec ses parents, venus l’aider bénévolement. 

« Je suis contente d’ouvrir. Entre ça ou le chômage, le choix est simple », dit Catherine Lecompte.