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Affaire Mamadi III Fara Camara: l’opposition veut que le SPVM s’explique en public

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Lionel Perez
Chef d’Ensemble Montréal

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Le parti d’opposition Ensemble Montréal réclame que le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Sylvain Caron, rende des comptes devant les élus municipaux et les citoyens dans le dossier Camara.

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« Quand il y a une injustice, on est en droit de demander des explications, insiste le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez. M. Caron a évoqué une séance d’information [avec les médias]. On ne veut pas d’un exercice de relations publiques. On veut une instance où le SPVM [Service de police de la Ville de Montréal] donnera l’heure juste aux élus et à la population. »

Son parti demandera donc au prochain conseil municipal que Sylvain Caron soit convoqué devant la Commission de la sécurité publique pour expliquer ce qui a mené à l’arrestation, la détention pendant six jours et la mise en accusation de Mamadi III Fara Camara, alors qu’il était innocent. 

Selon M. Perez, ce processus est le complément « civil » à l’enquête qui vient d’être déclenchée par le gouvernement du Québec et qui « est plus judiciaire ». 

Questions du public

Pendant les séances de la commission municipale, les élus de l’île de Montréal peuvent poser des questions directement au chef de police, mais aussi n’importe quel citoyen. 

« La confiance du public a été ébranlée, insiste M. Perez. C’est très important que la population puisse poser des questions sans filtre pour rétablir le manque de transparence dans cette affaire. »

Du côté de la mairesse Valérie Plante, on n’est pas fermé à ce que la Commission se penche sur l’affaire Camara, mais on souhaite d’abord que l’enquête de Québec suive son cours. 

« La Commission de la sécurité publique ne peut se substituer à l’enquête indépendante n’ayant pas les mêmes pouvoirs. Au terme de l’enquête, la Commission pourra, si elle le juge pertinent, tenir une séance de travail sur le sujet », indique le directeur des communications de la mairesse, Youssef Amane.

Mais pour l’opposition, « le temps presse ». 

« Chaque jour qui passe renchérit le manque de confiance du public envers le SPVM, affirme M. Perez. Quand le SPVM perd de la légitimité, tout le monde perd au change. »